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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste encore à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux."
Jules Renard


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Bonjour

Bienvenue sur Mon biblioblog où vous trouverez des compte-rendus de mes lectures. Des lectures ces temps-ci très axées sur L'Inde ma passion présente. Mais aussi de temps en temps d'autres sujets, pour changer un peu... Bonnes lectures.
Mardi 10 novembre 2009
Arnaldur Indridason, La cité des jarres, Points

Un homme est retrouvé mort à son domicile de Reykjavik. Il a eu le crâne fracassé par un lourd cendrier en verre. En enquêtant l'inspecteur Erlendur se retrouve sur la trace d'un viol vieux de 40 ans. La police n'a pas été très efficace à l'époque, heureusement notre héros l'est beaucoup plus.

Ce que j'ai particulièrement apprécié dans ce polar c'est l'ambiance islandaise. On est en octobre et il pleut 24 heures sur 24. Ceci dit la météo locale annonce des précipitations record et ces jours-ci j'ai parfois le sentiment de vivre en Islande. J'apprends que dans ce petit pays les gens n'ont pas de nom de famille et donc tout le monde s'appelle par son prénom ce qui donne l'impression que tout le monde se connaît, impression pas totalement fausse manifestement, confirmée par d'autres éléments.
Par Agnès - Publié dans : Policiers
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Dimanche 8 novembre 2009
Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne, P.O.L.

En décembre 2004 Emmanuel Carrère est en vacances au Sri Lanka avec sa compagne Hélène quand survient le tsunami qui ravage cette partie de l'Asie. Dans les jours qui suivent Emmanuel et Hélène portent assistance à des rescapés et plus particulièrement à un couple de Français dont la petite fille, Juliette, a été tuée par la vague. Tu es écrivain, dit à Emmanuel le grand-père de Juliette, tu devrais écrire là-dessus.

Rentrés en France, Emmanuel et Hélène se retrouvent confrontés à la maladie d'une autre Juliette, la soeur d'Hélène, atteinte d'un cancer. Elle meurt quelques mois plus tard. Elle était juge et, après son décès, sa famille fait connaissance de son collègue et ami Etienne Rigal. C'est Etienne qui, cette fois, suggère à Emmanuel d'écrire l'histoire de Juliette.

Dans ce récit Emmanuel Carrère aborde les questions de la mort, du deuil, du sens de la vie, du bonheur et tout ça est excellement fait. Dès la première page j'ai été happée. Le propos est parfois abrupt mais derrière j'ai senti un vrai intérêt pour les gens et leurs choix de vie, une vraie empathie, jamais aucune commisération. Emmanuel Carrère parle aussi de lui-même et de son mal de vivre et cependant je ne trouve pas ça égocentrique (ce que j'avais trouvé en lisant Un roman russe) parcequ'ici, en parlant de lui, il parle des autres et aux autres (donc de moi et à moi). Il est question de "gens dont le noyau est fissuré pratiquement depuis l'origine". Je ne dis pas que je suis aussi atteinte que l'auteur (loin de là quand même) mais il me semble que chacun a plus ou moins sa fêlure. Celle d'Emmanuel Carrère en tout cas va mieux puisqu'il s'annonce guéri. Avoir approché la mort a sans doute été un élément de sa thérapie.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui fait réfléchir et qui tire vers le haut. Ce n'est pas triste, je trouve, malgré le sujet de départ, plutôt optimiste. C'est vraiment une lecture que je conseillerais et un livre que je vais sans doute offrir. Au moment de classer mon article je me demande dans quelle catégorie le mettre aussi j'en crée une pour cet auteur avec lequel je n'en ai pas fini, c'est sur.
Par Agnès - Publié dans : Carrère Emmanuel
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Jeudi 5 novembre 2009
Gérard de Nerval, Le harem du Caire, André Versaille éditeur

En 1843 Gérard de Nerval s'installe au Caire pour trois mois. On lui dit qu'il faut une femme dans sa maison, il achète au marché une jeune esclave javanaise. Il pense avoir acquis une servante, malgré la différence de langue elle va bien lui faire comprendre qu'il n'en est rien et il doit même engager un couple de gardiens pour veiller sur sa vertu.

Nerval visite les sites historiques, mosquées, pyramides. Il se fait raconter par un cheikh les légendes qui courent sur ces dernières et ne les trouve pas moins crédibles que les explications des scientifiques. Il s'informe également de l'organisation des harems et découvre à sa grande surprise qu'on n'y mène pas la vie de plaisirs qu'on croit en Europe.
"La vie des Turcs est pour nous l'idéal de la puissance et du plaisir, et  je vois qu'ils ne sont pas seulement maîtres chez eux. (...) Pauvres Turcs ! Comme on les calomnie ! Mais s'il s'agit simplement d'avoir çà et là des maîtresses, tout homme riche en Europe a les mêmes facilités."

Ce tout petit livre, extrait du Voyage en Orient, est fort bien écrit. Nerval raconte avec beaucoup d'humour les situations déroutantes auxquelles il est confronté.
Yueyin aussi a apprécié.
Par Agnès - Publié dans : Récits autobiographiques
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Mercredi 4 novembre 2009
Jean-Pierre Guéno, Les enfants du silence, mémoires d'enfants cachés, 1939-1945, Milan

Cet ouvrage est la version pour enfants de Paroles d'étoiles. Elle réunit quelques unes des lettres et quelques uns des témoignages collectés grâce au travail de l'association des enfants cachés et aux retombées des appels émis par les antennes de Radio France en janvier 2002. Ces enfants cachés sont des enfants juifs de France qui ont échappé à la déportation parce qu'ils ont été cachés par leurs parents ou recueillis par des personnes qui les ont sauvés. Leurs situations sont alors bien différentes. Catherine a vécu heureuse à la campagne chez Maman Pé, d'autres, comme Robert, ont été ballotés d'institutions religieuses en familles d'accueil.

Après la guerre, dans le meilleur des cas, ces enfants retrouvent des parents qu'ils ne connaissent plus mais beaucoup d'entre eux aussi sont orphelins. Ils disent la difficulté de retrouver une vie normale quand on a appris à se cacher et à dissimuler, l'enfance ou l'adolescence mises entre parenthèses, le traumatisme d'être seul survivant et de devoir se construire sans appui familial. Les histoires des enfants sont présentées sous des formes variées : récit rédigé à la première personne, biographie ou lettres adressées à une mère disparue, à Maman Pé. L'ensemble est suivi d'une chronologie des persécutions antisémites en France et d'un lexique. Le tout est bien fait.
Par Agnès - Publié dans : Shoah
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Mardi 3 novembre 2009
Hans Peter Richter, Mon ami Frédéric, Le livre de poche

L'histoire se déroule en Allemagne des années 30 à la deuxième guerre mondiale. Le narrateur et Frédéric, tous les deux nés en 1925, sont voisins et amis depuis l'âge de quatre ans. Frédéric est Juif et, petit à petit, les interdits le frappent ainsi que sa famille. Le père de Frédéric, M. Schneider, fonctionnaire, est mis à la retraite d'office à 32 ans. Frédéric doit changer d'école puis les cinémas sont interdits aux Juifs. Dans un jardin public les bancs verts sont réservés aux non-Juifs et les bancs jaunes aux Juifs et il faut porter l'étoile jaune.

Ce roman pour enfants montre très bien comment, petit à petit, l'Etat nazi exclu les Juifs. Les personnages offrent une palette de comportements nuancés. Il y a M. Resch, le propriétaire de la maison où vivent les deux familles, membre du Parti et tout boursouflé de son importance, pour qui l'antisémitisme est une occasion de se donner un peu plus de pouvoir. Il y a le maître d'école des deux enfants qui explique à ses élèves que les Juifs sont des êtres humains comme les autres et termine son discour par "Heil Hitler !". Enfin il y a la famille du narrateur (son père adhère au Parti). Ils restent amis des Schneider jusqu'au bout, les aidant chaque fois que cela ne met pas leur propre sécurité en danger.
Par Agnès - Publié dans : Autres romans
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Lecture en cours

Jacqueline Hénard, Berlin-ouest, histoire d'une île allemande, Perrin

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