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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux"

Jules Renard

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 09:21
Paul Auster, Léviathan, Babel

Quand son grand ami Benjamin Sachs se fait sauter en manipulant une bombe de sa fabrication le narrateur, l'écrivain Peter Aaron, décide d'écrire l'histoire de sa vie pour expliquer ce qui a pu amener cet auteur talentueux à mourir seul dans la préparation d'un acte terroriste.

L'histoire de Sachs c'est aussi l'histoire de l'amitié de Sachs et du narrateur, deux écrivains, chacun admiratif du travail de l'autre. Pendant des années les vies des deux hommes ont été liées. Ils se fréquentaient régulièrement, se faisaient lire leurs travaux. Puis la vie de Sachs a dévié. Un accident l'amène à se poser des questions sur le sens de sa vie. Il traverse une période de dépression puis, comme il semble s'en sortir, un événement dramatique le pousse vers l'action radicale.

Léviathan est ma relecture d'août. La première lecture doit remonter à 10 ou 15 ans. Je m'aperçois que je n'avais gardé pratiquement aucun souvenir de ce livre et même des faux souvenirs, sans doute des mélanges faits postérieurement avec d'autres oeuvres de l'auteur. Seulement cette lecture m'avait tellement emballée qu'après j'ai décidé de lire tout -ou presque- Paul Auster. Aujourd'hui je suis surprise de cet emballement. Je ne crois pas que si je découvrais maintenant Paul Auster avec Léviathan cela produirait le même effet sur moi.

J'ai cependant plaisir à retrouver l'imagination de l'auteur pour créer des personnages pittoresques. Je découvre que Peter Aaron est Paul Auster : mêmes initiales, il a vécu à Paris et sa femme s'appelle Iris (la femme de Paul Auster est Siri Hustveldt).

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Publié par Agnès - dans Auster Paul
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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 16:54
Paul Auster, Seul dans le noir, Actes sud

Immobilisé par un accident de voiture August Brill, un critique littéraire à la retraite, veuf depuis peu et pas encore bien remis de la mort de sa femme, est venu habiter chez sa fille Miriam le temps de sa convalescence. Miriam elle-même souffre encore de son divorce, cinq ans auparavant. Elle héberge aussi sa propre fille, Katya, laquelle se sent responsable de la mort de son ex-petit ami qui vient d'être assassiné en Irak.

Dans cette maison des âmes en peine chacun cherche un moyen d'éviter de ressasser ses souvenirs difficiles. August s'invente, pendant ses insomnies, des histoires dans lesquelles le 11 septembre n'a pas eu lieu et où l'Amérique est en proie à la guerre civile. Miriam écrit la biographie d'une femme qui a complétement changé de vie à l'âge de 45 ans et Katya visionne des films qu'elle analyse ensuite avec son grand-père.
"Et ce monde étrange continue de tourner."

Dans ce roman plusieurs histoires se mélangent, la réalité des personnages et l'imagination d'August Brill laquelle se nourrit aussi de sa propre réalité. Il y a aussi l'histoire de la femme dont Miriam écrit la biographie et celles des héroïnes des films choisis par Katya. Paul Auster raconte bien les histoires et c'est plaisant à lire mais je ne suis pas sure que ça me laissera un souvenir impérissable.

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Publié par Agnès - dans Auster Paul
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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 09:10
Paul Auster, Dans le scriptorium, Actes sud.

Un vieil homme se trouve dans une chambre. Qui est-il ? Il ne le sait pas lui-même. On lui donnera le nom de M. Blank (= blanc, vide). Que fait-il ici ? Est-il séquestré ou pourrait-il sortir ? La fenêtre est condamnée et la porte fermée. A clef ? Des personnes vont entrer dans la chambre, des visiteurs qui interrogent ses souvenirs, des soignants qui lui parlent d'un traitement qu'il aurait lui-même sollicité. Il doit prendre des cachets dont on lui dit qu'ils font de l'effet.

Dans la chambre il y a un bureau, sur le bureau des photographies et des manuscrits. Les photos sont celles de personnes que M. Blank a connues sans qu'il puisse dire de qui il s'agit. certaines de ces personnes semblent faire partie de ses visiteurs. Le manuscrit est le témoignage d'un homme en prison dans un pays qui ressemble aux Etats-Unis mais est cependant autre.

Au début j'ai trouvé la lecture de ce roman très déconcertante et l'atmosphère me donnait un sentiment de malaise. Qui sont ces gens ? Quel est leur lien avec M. Blank ? On comprend qu'il leur a fait du mal. Certains semblent lui en vouloir, d'autres pas. La quatrième de couverture (éviter de la lire si vous voulez conserver tout le suspens) donne un sérieux indice pour comprendre où Paul Auster veut en venir et pourtant il est arrivé à me faire douter pendant un bon moment.

Je pense que la lecture de Dans le scriptorium est plutôt à réserver à ceux qui connaissent déjà un peu l'oeuvre de Paul Auster du fait des nombreuses allusion qu'on y trouve à ses précédents romans. Ce n'est pas celle de ses oeuvres que j'ai préférée.

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28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 15:21
Paul Auster, Brooklyn follies, Actes sud.

Nathan Glass, le narrateur, a 60 ans. Le cancer des poumons dont il est atteint est en rémission, il est pré-retraité et après son divorce récent il a emménagé à Brooklyn où il vit seul. Pour occuper son temps, il décide d'écrire "Le livre de la folie humaine" dans lequel il consigne les lapsus, les stupidités, les faiblesses, les inepties commis durant sa vie. Plus tard, il prévoit de rapporter les mésaventures de même type arrivées à des personnes de sa connaissance et enfin de se pencher sur les balourdises de l'humanité à travers les âges.

Quand il sort de chez lui Nathan se promène dans Brooklyn, quartier qu'il apprécie particulièrement, évoluant entre un restaurant dont la serveuse l'a séduit et une bouquinerie, le Grenier de Brightman. C'est là qu'un jour il tombe sur son neveu Tom qu'il n'avait pas revu depuis sept ans bien qu'il l'aimât beaucoup. La dernière fois que Nathan avait rencontré Tom celui-ci était un étudiant en littérature prometteur, futur professeur d'université et, à 30 ans, le voilà avec 20 kg de plus, employé d'Harry Brightman. Entre temps sa mère (la soeur de Nathan) est morte et sa soeur a disparu. La vie n'a pas été facile pour lui et les deux homme se retrouvent de nouveau très liés, unissant leurs solitudes.

Nathan fait la connaissance d'Harry Brightman, l'employeur de Tom. Le trio sympathise et tous les trois, lors de longues discussions, partagent leurs rêves de l'hôtel Existence, un endroit où on serait bien, où on pourrait vivre à l'écart des soucis du monde contemporain.

C'est un roman qui parle du bonheur de vivre, des plaisirs quotidiens, de l'amitié et de la solidarité, du moyen d'atteindre autant que possible son hôtel Existence. Je l'ai trouvé sympathique et agréable à lire.

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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 11:16

Paul Auster, La nuit de l'oracle, Actes sud

Le narrateur, l'écrivain Sidney Orr, a été très gravement malade et sort juste de l'hôpital où il a fait un long séjour. Pendant sa convalescence il découvre dans son quartier une petite papeterie où il achète un carnet bleu fabriqué au Portugal. Rentré chez lui, il se met à écrire dans le carnet les bases d'un nouveau roman. Il est dans un état second et les mots arrivent sans qu'il ait besoin de les chercher.

L'histoire qui surgit presque d'elle même est celle de Nick Bowen, un éditeur new-yorkais. Alors qu'il effectue une course dans son quartier un morceau de corniche d'un immeuble se détache et s'écrase juste à côté de lui, l'épargnant de peu. Cet accident entraîne Bowen à s'interroger sur le sens de sa vie, son mariage qui bat de l'aile, sa rencontre peu de temps auparavant avec une jeune femme, Rosa Leightman, pour qui il a ressenti une grande attirance.
Interprétant le fait qu'il n'a pas été tué comme un signe, Bowen décide de recommencer sa vie. Il disparaît volontairement, prend le premier avion qui quitte New-York. Il emporte avec lui un manuscrit écrit par Sylvia Maxwell, la grand-mère de Rosa Leightman.

Ce manuscrit s'intitule "La nuit de l'oracle" et raconte l'histoire d'un aveugle, mutilé de la première guerre mondiale, qui fait des rêves prémonitoires.

L'histoire de Sidney Orr et celle de Nick Bowen s'entrecroisent dans ce roman plein d'invention et de rebondissements. Sidney Orr à un moment ne sait plus très bien s'il est dans sa vie ou dans celle de son personnage et moi-même j'étais dans une situation identique, ne sachant plus dans quel récit je me trouvais. En plus des deux récits principaux, d'autres viennent s'ajouter, plus ou moins esquissés : celui du manuscrit qui donne son titre au roman, ceux des personnages secondaires. L'un de ces personnages secondaires, Jacob Trause, a de nombreux points communs avec Mark de Tout ce que j'aimais (Siri Hustvedt). L'un a manifestement inspiré l'autre, à moins que les deux aient été inspirés par la même personne. Siri Hustvedt est la femme de Paul Auster.

La question de fond est celle du lien entre la fiction et la réalité. Un écrivain décrit des évènements qui se réalisent peu de temps après. le fait d'avoir pensé et écrit les choses les a-t-il amené à se produire ou l'auteur a-t-il prédit l'avenir ? "Nous savons parfois les choses avant qu'elles ne se produisent, même si nous ne savons pas que nous savons" répond Sidney Orr.

 

 

 

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3 juin 2006 6 03 /06 /juin /2006 07:36
Paul Auster, Le livre des illusions, Babel

La femme et les deux jeunes enfants du narrateur, David Zimmer, sont morts dans un accident d'avion. Après cette catastrophe, David traverse une période de profonde dépression. Un jour, en regardant un documentaire à la télévision, il découvre l'existence d'Hector Mann. Hector Mann était un acteur comique de l'époque du cinéma muet. Il a eu un certain succès avant de disparaître en 1929 : il est parti de chez lui, abandonnant toutes ses affaires et personne n'a plus jamais entendu parler de lui. Un extrait d'un film d'Hector Mann fait rire David Zimmer et c'est la première fois qu'il rit depuis des mois.

Dans un sursaut vital pour échapper au désespoir il décide d'écrire un livre consacré à l'oeuvre d'Hector Mann. Après la parution du livre David Zimmer reçoit une lettre d'une femme qui se prétend l'épouse d'Hector Mann. Celui-ci serait encore vivant, 60 ans après sa disparition, et souhaiterait rencontrer Zimmer. David croit d'abord à un canular et temporise mais un soir une jeune femme se présente à sa porte : elle est envoyée par l'épouse d'Hector Mann pour le convaincre de se rendre au chevet de ce dernier.

Voilà un très bon Paul Auster que j'ai lu d'une seule traite. Comme toujours c'est bien écrit et les personnages ont des vies hors du commun avec de nombreux rebondissements. Les détails sont tellement précis que je me suis demandé un moment si Hector Mann n'avait pas existé pour de vrai.
On retrouve dans le livre des illusions des thèmes chers à Paul Auster : un personnage disparaît et tout le monde le croit mort (comme dans Leviathan ou dans Moon Palace). Un artiste crée des oeuvres que personne ne verra jamais (comme dans Moon Palace).
Il est aussi question de responsabilité et de comment expier ce dont on est coupable.

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8 avril 2006 6 08 /04 /avril /2006 15:52
Paul Auster, Le voyage d'Anna Blume, Actes sud.

J'ai découvert Paul Auster l'été dernier avec la lecture de l'excellent Léviathan et j'ai été conquise. Depuis j'ai placé Paul Auster au rang de mes auteurs favoris et j'ai entrepris de combler mon retard dans la lecture de son oeuvre.

Le voyage d'Anna Blume n'est pas un livre dans lequel on entre facilement mais une fois qu'on a fait cet effort il se révèle finalement prenant. Ce n'est cependant pas l'ouvrage de Paul Auster que j'ai préféré.

L'histoire étrange se passe dans une ville en partie détruite, une ville d'après la fin du monde, une ville ghetto. Les habitants survivent d'expédients, la violence règne. Anna Blume est venue dans cette ville chercher son frère qui a disparu. Elle rencontre diverses personnes. Des relations d'amitié et de solidarité se nouent malgré l'extrême précarité des conditions de vie.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 14:56
Paul Auster, Moon Palace, Babel.

Le héros et narrateur, Marco Stanley Fogg n'a jamais connu son père. Sa mère est morte quand il était encore enfant et il a été ensuite élevé par son oncle. L'histoire commence à la mort de l'oncle. M. S. Fogg se retrouve seul au monde. Mais laissons plutôt Paul Auster nous raconter lui-même ce qui va se passer, il le fait si bien.
Le livre débute ainsi :

"C'était l'été où l'homme a pour la première fois posé le pied sur la Lune. J'étais très jeune en ce temps-là, mais je n'avais aucune foi dans l'avenir. Je voulais vivre dangereusement, me pousser aussi loin que je pourrais aller, et voir ce qui se passerait une fois que j'y serais parvenu. En réalité j'ai bien failli ne pas y parvenir. Petit à petit, j'ai vu diminuer mes ressources jusqu'à zéro; j'ai perdu mon appartement; je me suis retrouvé à la rue. Sans une jeune fille du nom de Kitty Wu, je serais sans doute mort de faim. Je l'avais rencontrée par hasard peu de temps auparavant, mais j'ai fini par m'apercevoir qu'il s'était moins agi de hasard que d'une forme de disponibilité, une façon de chercher mon salut dans la conscience d'autrui. Ce fut la première période. A partir de là, il m'est arrivé des choses étranges. J'ai trouvé cet emploi auprès du vieil homme en chaise roulante. J'ai découvert qui était mon père. J'ai parcouru le désert, de l'Utah à la californie. Il y a longtemps, certes, que cela s'est passé, mais je me souviens bien de cette époque, je m'en souviens comme du commencement de ma vie."

Cette première page est à relire après avoir tourné la dernière car c'est seulement alors qu'on sait que ce résumé qui semblait au départ un peu étrange dit parfaitement ce qu'est le livre. L'auteur nous parle de genèse, de rencontres et de voyage initiatiques. On retrouve ici des thèmes assez récurents chez Paul Auster, il me semble.
Tout ceci est fort bien écrit et jamais ennuyant : il y a de l'aventure et une réflexion philosophique.

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Publié par Agnès - dans Auster Paul
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