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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux"

Jules Renard

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 09:39
Wilkie Collins, La pierre de lune, Labyrinthes

En 1799, à l'occasion de la prise de Seringapatam, Inde, John Herncastle vole la pierre de lune, un gros diamant jaune consacré à Vishnou, et est maudit par le gardien de la pierre : "La Pierre de Lune se vengera sur vous et tous les vôtres".

A sa mort, John Herncastle lègue la pierre de lune à sa nièce Rachel Verinder. Elle reçoit le diamant le 21 juin 1848, à l'occasion de son 18° anniversaire. Tous ceux qui aiment Rachel -sa mère, lady Verinder, le fidèle majordome de la famille, Gabriel Betteredge, ses cousins, Godfrey Ablewhite et Franklin Blake- sont inquiets : l'oncle Herncastle n'a-t-il pas légué la pierre de lune à Rachel dans le but de se venger, en lui transmettant la malédiction, d'une branche de la famille qui l'a rejeté ? N'a-t-on pas vu rôder trois Hindous autour de la propriété du Yorkshire où doit se dérouler la fête d'anniversaire ? Et en effet, dans la nuit qui suit la fête, le diamant disparaît et les recherches entreprises pour le retrouver ont pour effet de plonger Rachel dans un état de nerfs abominable.

Après L'affaire de Road hill house, la relecture de La pierre de lune s'imposait pour moi car il est dit que le crime présenté par Kate Summerscale a inspiré Wilkie Collins, notamment dans le personnage du sergent Cuff qui mène l'enquête pour retrouver le voleur de la pierre. Mis à part le point de départ (la prise de Seringapatam, la malédiction, la disparition du diamant) je ne me souvenais de rien -la première lecture remonte à environ dix ans- si ce n'est que j'avais trouvé le roman très amusant et la relecture me confirme que cette oeuvre n'a pas pris une ride.

 

Ce qui m'a réjouie c'est la narration. A tour de rôle chaque épisode de l'enquête est raconté par un personnage différent qui en a été le témoin et qui présente son point de vue, enrichissant le récit de son histoire personnelle. On entend ainsi entre autres Gabriel Betteredge, le fidèle serviteur, inconditionnel de Milady et de miss Rachel. Il s'adresse au lecteur pour lui faire part de son désarroi et de ses hésitations :

S'il voyait juste, notre paisible demeure anglaise allait soudain être habitée par ce diabolique diamant hindou, apportant avec lui une horde de bandits que la vengeance d'un mort aurait déchaînée sur nous. Voilà la situation où nous nous trouvions, telle que me l'avaient révélée les dernières paroles de Mr Blake ! A-t-on jamais ouï pareille chose, au milieu du XIX° siècle, le siècle du progrès, et dans notre Angleterre qui se réjouit des bienfaits de sa constitution ? Non, personne n'avait jamais entendu une histoire semblable, et personne, donc, n'y croira. Néanmoins, je poursuis mon récit.

Miss Clack, nièce de lady Verinder, est une vieille fille jalouse de sa cousine Rachel et de l'amour que lui porte son cousin Godfrey. Cette femme mesquine cache sa petitesse derrière sa religion. C'est une bigote qui s'est donné pour mission de convertir son entourage et chaque fois qu'elle en a l'occasion, elle essaime des brochures pieuses dans l'environnement de ses proches mais invariablement ces documents lui sont rapportés sous des prétextes divers :

Je lui tendis la brochure, en frappant plusieurs fois de l'index la page où je l'avais ouverte.
- Ce n'est pas de moi ! m'écriai-je. Oh ! n'allez pas supposer que je vous donne à lire mon humble prose ! La manne dans le désert, Mr Ablewhite ! La rosée sur la terre desséchée ! Des paroles de consolation, de sagesse et d'amour ! Les paroles bénies de miss Jane Ann Stamper !
Je m'interrompis un moment, car j'étais à bout de souffle. Avant que j'aie eu le temps de me remettre, ce monstre qui avait pris une forme humaine s'écria :
-Que miss Jane Ann Stamper aille...

Quant à l'enquête elle même elle est plutôt bien menée et intègre un coup de théâtre assez surprenant.
Un seul bémol mais ce n'est pas la faute de l'auteur : mon édition est truffée de coquilles, fautes d'accords et petits mots manquant.

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Publié par Agnès - dans Policiers
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commentaires

Soie 25/06/2014 17:50

Des quatre livres de Wilkie Collins que j'ai lus, La Pierre de Lune est mon préféré ! Je trouve son humour très savoureux.
J'ignorais qu'il s'était inspiré de l'affaire reprise par Kate Summerscale dans L'affaire de Road Hill House, que j'avais déjà noté.

Agnès 26/06/2014 13:49

Intéressante information, n'est-ce pas ?

maggie 16/06/2014 18:15

Je sais qu'il fait partie de mes romans préférés de W. Collins mais au fur et à mesure que le temps passe, je me rappelle moins des personnages mais j'avais beaucoup aimé son ironie. et je trouve effectivement ses intrigues extrêmement bien construit !

Agnès 17/06/2014 09:24

Je trouve que cette ironie donne à l'oeuvre un caractère contemporain. C'est ce qu'on appelle un classique, non ?

keisha 02/06/2014 16:52

Un des meilleurs, sinon le meilleur des W Collins, à mon avis

Agnès 02/06/2014 18:40

J'avoue que je n'ai pas lu grand chose d'autre de lui.