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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux"

Jules Renard

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30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 17:31
Boris Akounine, La maîtresse de la mort, Presses de la cité.

Tandis qu'il passe ses journées dans les bas-fonds de Moscou pour trouver l'auteur de crimes horribles (cf L'amant de la mort) Fandorine, en soirée, cherche à résoudre le mystère d'une vague de suicides. Les victimes sont les membres d'une société secrète, sorte de secte où on adore la Mort comme la maîtresse suprême (ou l'amant pour les femmes). Les recrues écrivent (avec plus ou moins de talent) des poèmes qui célèbrent l'union avec la Mort et attendent avec impatience le moment où cette dernière leur fera signe de la rejoindre. Mais la Mort ne disposerait-elle pas d'un complice bien vivant ? Fandorine devra se faire passer pour un candidat au suicide convaincant afin de le démasquer.

Comme indiqué en quatrième de couverture La maîtresse de la mort complète L'amant de la mort
que j'avais lu avant. Ceci dit, bien que les deux aventures se déroulent simultanément elles sont cependant indépendantes l'une de l'autre. Fandorine évolue dans des milieux bien différents. Dans La maîtresse de la mort ce n'est pas un gamin des rues qu'il a pris sous son aile mais une jeune fille de la petite bourgeoisie qui cherche à mettre un peu de piment dans sa vie. Je n'ai relevé que trois moments où les deux scénarios se croisent, s'effleurent devrais-je dire tellement c'est léger. L'intérêt de cet exercice de style est donc plutôt théorique. Pour moi je retiens surtout les qualités habituelles de Boris Akounine : une enquête palpitante, de l'humour, un héros sympathique et séduisant.

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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 09:08
Boris Akounine, L'amant de la mort, Presses de la cité.

Le jeune Senka est un orphelin qui vit d'expédients à Moscou à la fin du 19° siècle. Avec d'autres gamins des rues il dérobe leurs biens aux passants inattentifs. C'est ainsi qu'il met la main sur un chapelet de jade. Il se trouve cependant que ce chapelet appartient au héros de la série, Eraste Petrovitch Fandorine, qui y est sentimentalement attaché.

Fandorine récupère facilement son chapelet mais sa rencontre avec Senka l'entraîne dans une nouvelle aventure et l'emmène à faire connaissance avec la pègre de Moscou. Un assassin sans pitié est à la recherche d'un trésor caché et n'hésite pas à torturer ou à tuer des enfants pour parvenir à son but. Une mystérieuse jeune femme d'une grande beauté affole tous les hommes. On la surnomme la Mort. Comment ce joli-coeur de Fandorine pourrait-il lui résister ?

Ce huitième épisode des aventures de Fandorine est aussi réjouissant à lire que les précédents. Ici, l'histoire est racontée du point de vue du jeune Senka et ses commentaires sont généralement truffés de mots d'argot. On descend dans les bas-fonds de Moscou qui ressemblent beaucoup à ceux de Londres décrits par Anne Perry.

L'amant de la mort est accompagné d'un deuxième tome, La maîtresse de la mort. Boris Akounine nous informe que "quoique absolument distincts, ces deux romans créent, ensemble, un effet stéréo que seul le lecteur qui les lira tous les deux, dans l'ordre qu'il souhaite, entendra." Appétissant, non ? Je m'attèle donc à La maîtresse de la mort ayant eu la chance de mettre la main sur les deux en même temps à la bibliothèque.

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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 07:23

Anne Perry, Southampton row, 10-18.

 

Ce nouvel épisode des enquêtes de Thomas Pitt est la suite du précédent. Dans La conspiration de Whitechapel, notre héros avait sauvé la couronne d’Angleterre d’un complot diabolique. Le revoilà aux prises avec les machinations du cercle intérieur et la perfidie de son chef Voisey. Mais cette fois c’est seul que Thomas doit enquêter et supporter la pression de l’affaire car Charlotte, Gracie et les enfants sont à la campagne en vacances et pour les protéger des ennemis de Thomas.

   

Comme toujours chez Anne Perry, la société victorienne est décortiquée et les sentiments des personnages analysés à fond. On rencontre ainsi Isadora Underhill, femme d’évêque qui s’aperçoit après trente ans de mariage qu’elle n’aime pas son mari. Pire encore, elle n’arrive même pas à se souvenir si elle l’a jamais aimé. Aussi, tout en assistant aux sermons de l’évêque, elle rêve qu’elle part sur la mer avec l’amiral Cornwallis. C’est aussi le talent d’Anne Perry de savoir camper des personnages secondaires attachants.

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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 16:27
Paul Harding, L'auberge du Paradis, 10-18.

Londres, automne 1380. Trois cadavres sont découverts dans une maison abandonnée de la paroisse de Southwark. L'un d'entre eux est celui d'un messager royal et si son assassin n'est pas retrouvé la paroisse sera considérée comme complice et devra payer une forte amende. Frère Athelstan, curé de la paroisse et secrétaire du coroner de Londres, sir John Cranston, se lance dans l'enquête avec ce dernier. Nos deux héros doivent mener deux enquêtes de front car au même moment une riche veuve est accusée d'avoir commis deux assassinats. Elle se prétend innocente pourtant tout semble l'accuser.

L'intérêt principal de ce roman, neuvième enquête du frère Athelstan et de sir John Cranston est de nous faire découvrir la vie quotidienne au Moyen-âge. Par contre j'ai trouvé l'enqête un peu poussive.

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25 février 2007 7 25 /02 /février /2007 11:09
Boris Akounine, Le couronnement, 10-18.

A l'occasion du couronnement du tsar Nicolas II, un machiavélique personnage, le docteur Lind, enlève le jeune prince Mikhaïl Guéorguiévitch, cousin de l'empereur. Pour le relacher il réclame l'Orlov, diamant qui orne le sceptre impérial. C'est notre héros, Eraste Pétrovitch Fandorine -dont c'est ici la septième aventure- qui va mener l'enquête, tenter de récupérer l'enfant, sauver l'Orlov et arrêter le docteur Lind. Mais quel suspens quand la mort de Fandorine nous est annoncée dès la première page et que le roman est un flash-back, narration des faits qui nous ont mené là.

Le narrateur est Afanassi Stépanovitch Zioukine, majordome de Guéorgui Alexandrovitch, le père du petit prince enlevé. Il évolue au milieu de toutes ces péripéties sans se départir jamais de son sens du protocole. Et la deuxième caractéristique du roman c'est l'humour provoqué notament par le décalage permanent entre les frasques des membres de la famille impériale et le jugement que ce personnage compassé porte sur eux.

Un méchant démoniaque, un récit plein d'humour, une fin tragique : on retrouve tous les éléments caractéristiques des aventures de Fandorine. Une fois de plus Boris Akounine réussit un roman qui se lit d'une traite.

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 06:24
Anne Perry, La conspiration de Whitechapel, 10-18.
 
Avril 1892. La déposition du commissaire Thomas Pitt au procès de John Adinett, membre respecté de la haute société londonienne, convainc le jury que celui-ci est coupable du meurtre de son ami Martin Fetters. Quel en était le mobile ? C'est ce qui n'a pas pu être déterminé car Adinett continue de nier malgré sa condamnation à mort.

L'affaire semble cependant terminée mais voilà que Pitt est saqué pour le rôle qu'il y a joué. Démi de ses fonctions de commissaire de Bow street il est versé dans la Special Branch, sorte de Renseignements Généraux qui sont chargés de collecter des informations sur les agissements des agitateurs irlandais ou républicains et de les contrecarer. Pitt doit quitter son foyer et sa famille et venir s'installer dans l'east end de Londres, dans le sordide quartier de Whitechapel.

Pendant que Pitt s'adapte à cette nouvelle existence, sa femme Charlotte, sa bonne Gracie et son ancien adjoint Tellman mènent l'enquête pour comprendre pourquoi Adinett a tué Fetters. Il sera question d'un terrible complot pour renverser la monarchie et d'une société secrète prête à tout pour parvenir à ses buts. Et, puisqu'une partie de l'action se déroule à Whitechapel, il sera aussi question de Jack l'Eventreur qui y sévit quelques années plus tôt.

Comme à son habitude Anne Perry mène de main de maître cette 21° aventure du commissaire Pitt. C'est palpitant et une fois commencé le roman je n'ai pas pu le lacher avant la fin. J'ai quand même résisté -avec difficulté- à l'envie de lire le dénouement avant d'en avoir terminé.

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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 17:13
Anne Perry, Le voyageur de Noël, 10-18.

Noël 1850. Judah Dreghorn, juge respecté dans la région des lacs en Angleterre est accusé de corruption par Ashton Gower qui sort de prison après onze ans d'incarcération. Gower prétend que Judah Dreghorn a fabriqué de faux documents et l'a envoyé en prison pour pouvoir s'approprier son domaine. Quelques jours après ces premières accusations Judah Dreghorn est retrouvé mort, victime d'un accident troublant. N'aurait-il pas été assassiné ?

La veuve de Judah, Antonia, fait venir auprès d'elle son parrain, Henry Rathbone. Dans la propriété qu'on les accuse d'avoir usurpée sont attendus aussi pour les fêtes Benjamin et Ephraïm, les frères de Judah et Naomi, veuve de Nathaniel, le quatrième frère Dreghorn. Ensemble ils vont mener l'enquête pour comprendre ce qu'il s'est passé et laver la réputation de Judah.

Ce petit roman policier se lit rapidement et est plutôt bien ficelé. Il m'a plus convaincu que le précédent paru l'an dernier à la même époque (La disparue de Noël). Comme d'habitude chez Anne Perry il est le prétexte à une réflexion sur les sentiments et les motivations humaines, ici le sens de l'honneur et l'intégrité.

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10 décembre 2006 7 10 /12 /décembre /2006 18:06
Claude Izner, Le talisman de la Villette, 10-18.

Ce volume est le sixième épisode des enquêtes de Victor Legris, libraire parisien de la fin du 19° siècle.
1894, en Bretagne. Corentin Jourdan, marin retiré après un accident du travail qui l'a laissé boiteux, sauve de la noyade une jeune femme dont le bateau avait fait naufrage. Il est ému par cette belle inconnue qui lui rappelle Clélia, une femme qu'il aimât jadis et qui est morte. Après son départ il découvre qu'elle a oublié son journal intime. Ce qu'il y lit le pousse à suivre à Paris celle qui s'appelle Sophie Clairsange.

A Paris, peu de temps après, on retrouve le corps d'une femme étranglée. C'est Loulou, une amie de Sophie Clairsange et de Mireille Lestocart. Connaissant le goût de Victor Legris pour les enquêtes, Mireille le charge de retrouver l'assassin de son amie. Victor sera aidé de Joseph Pignot, son commis, devenu son beau-frère depuis qu'il a épousé Iris, la demie-soeur de Victor.

Car le roman fourmille de personnages. Il y a aussi Kenji Mori, un Japonais, père d'Iris et associé de Victor. Tasha Kherson, la femme de Victor et la mère de Tasha, Djina, après qui soupire Kenji. Nous suivons tout ce petit monde dans le Paris de la fin du 19° siècle dont nous découvrons les petits métiers.

Derrière le pseudonyme de Claude Izner se cachent deux soeurs qui écrivent fort bien ma foi et nous proposent une bonne série de la collection Grands détectives chez 10-18.

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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 13:31
Iain Pears, Le cercle de la croix, Pocket.

Oxford, 1663. Le professeur Grove est retrouvé mort dans son appartement. L'enquête laisse penser qu'il a été empoisonné. Rapidement la rumeur publique accuse sa servante du crime. Elle est arrêtée, jugée et exécutée. Que s'est-il réellement passé ? Quatre témoins présentent à tour de rôle leur version des faits.
 
Le premier est Marco da Cola, gentilhomme vénitien qui a étudié la médecine par curiosité aux Pays-Bas et qui se trouve en Angleterre pour y régler des affaires familiales. A Oxford, Cola fréquente les scientifiques les plus en avance de leur temps : Robert Boyle, père de la chimie et Richard Lower, médecin et physiologiste. Son récit nous fait pénétrer dans une société où les idées bouillonnent. On pratique les dissections pour tâcher de comprendre le fonctionnement du corps humain, on s'interroge sur la circulation et le rôle du sang. Les hypothèses fusent, mélange d'intuitions géniales et de croyances naïves.

Le deuxième témoin est Jack Prestcott. Le père de ce jeune homme, intransigeant soutien du parti royaliste pendant la guerre civile (1642-1648) et la république de Cromwell (1649-1659) est mort en exil, accusé d'avoir trahit les siens. Jack, persuadé que son père a été calomnié, mène l'enquête pour prouver son innocence et trouver le véritable traître. Avec lui on découvre qu'une légère épuration a suivi la restauration monarchique de 1660 mais que certains qui avaient servi fidèlement Cromwell sont restés aux affaires sous Charles 2 tandis que des nobles qui s'étaient battus pour le roi ont été bien mal récompensés de leurs sacrifices. Les événements sont frais et les rancoeurs encore vivaces.

Le troisième témoin est le docteur John Wallis. Mathématicien psycho-rigide, fasciné par les chiffres, il joue aussi le rôle d'espion du gouvernement, décryptant les messages codés. Voyant des complots partout, il est persuadé que Cola est venu en Angleterre pour y accomplir de funestes desseins et cherche à percer son secret.

Arrivé aux trois-quarts du livre le lecteur ne sait plus trop que penser : on lui a présenté trois coupables potentiels et aucun n'est vraiment très convaincant. Surtout, chaque témoin analyse les événements auxquels il a assisté à l'aune de ses marottes et du coup les mêmes situations sont décrites différemment par chacun.

Enfin arrive le quatrième témoin, l'historien John Wood qui vient éclaircir tout cela et en même temps amener de nouveaux sujets de questions.

En plus de tout ce que nous apprenons sur l'Angleterre de cette époque, le talent de Iain Pears réside dans sa capacité à se mettre dans la peau de ses personnages. Chacun des quatre récits est rédigé à la première personne et sur un ton propre qui fait passer le mode de pensée et de fonctionnement de chaque personnage. Ce qui frappe c'est, malgré leurs différends et leurs différences, l'emprise de la religion sur ces esprits. Même les plus rationnels ne peuvent pas trouver d'argument plus irréfutable que : "C'est écrit dans la Bible".

Un passionant éclairage sur une époque et une société en train d'évoluer mais encore bien plongées dans les ténèbres.

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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 08:56
Anne Pery, Half moon street, 10-18.

Le cadavre d'un homme vétu d'une robe verte et menotté est retrouvé dans une barque sur la Tamise. La mise en scène a été réalisée après la mort. Qui en voulait à Delbert Cathcart, un photographe talentueux au point de l'installer dans cette posture scandaleuse qui choque tous les témoins ?

En l'absence de sa femme en vacances en France, Thomas Pitt enquête avec le sergent Tellman dans le milieu du théâtre ou il croise des acteurs désireux de s'opposer à la censure qui menace leurs pièces.

La liberté d'expression doit-elle être totale s'interroge Anne Perry à travers ce roman ? Pour faire avancer les idées, peut-on tout dire et tout montrer, même la pornographie ou faut-il protéger les personnes les plus vulnérables par la censure ? Le dénouement apporte un élément de réponse brutal à ces questions.

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