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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste encore à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux."
Jules Renard


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Vendredi 18 juillet 2008
Eliot Pattison, Le tueur du lac de pierre, 10-18

Après sa première enquête (Dans la gorge du dragon) Shan a quitté son camp de travaux forcés (ce n'est pas une libération officielle) pour aller vivre dans un monastère bouddhiste secret. Dans cette deuxième aventure il est chargé par les moines tibétaines avec qui il vit d'une périlleuse mission : un lama a disparu, l'institutrice Lau a été assassinée et les enfants dont elle avait la charge, des orphelins kazakhs, sont victimes d'un tueur l'un après l'autre.

Tout cela se passe au nord du Tibet, dans le Xinjiang, à la limite du désert du Taklamakan. Là vivent des peuples nomades, Kazahs et Ouighours, que le gouvernement de Pékin veut sédentariser par la force en leur confisquant leurs troupeaux. Shan découvre les refuges de ceux qui luttent encore pour défendre leur mode de vie traditionnel : cités englouties par les sables, anciennes étapes sur la route de la soie; monastères troglodytes. Car le sujet c'est d'abord la résistance contre les exactions chinoises. Résistance armée ou résistance spirituelle des moines tibétains.

J'ai trouvé ce livre très dense. La lecture ne coule pas facilement mais Eliot Pattison installe une ambiance prenante. Ici l'enquête policière s'efface derrière la philosophie bouddhiste et la description d'une culture en voie de disparition, au milieu des superbes paysages de l'Himalaya.
par Agnès publié dans : Policiers
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Lundi 26 mai 2008
Eliot Pattison, Dans la gorge du dragon, 10-18

"Le suicide était un grand péché, et sa conséquence certaine, une réincarnation sous une forme de vie inférieure. Mais choisir de revivre à quatre pattes pouvait être une solution tentante face à la seule autre possibilité : une vie sur ses deux jambes dans une brigade de travaux forcés chinoise."

L'action de ce roman policier se déroule dans le Tibet contemporain. C'est donc une lecture d'actualité.

Enquêteur au ministère de l'économie à Pékin, Shan était chargé de lutter contre la corruption. Il a mis en cause quelqu'un de trop haut placé et s'est retrouvé prisonnier du laogai -le goulag chinois- au Tibet. Shan est un des rares Han du camp, la plupart de ses codétenus sont des moines tibétains. Shan s'est lié d'amitié avec eux et ils l'ont initié à la philosophie et aux rites bouddhistes.

A la 404° brigade de construction du peuple, les prisonniers construisent une route dans la montagne. Un jour, ils découvrent près de leur chantier un corps sans tête vêtu de vêtements occidentaux. En l'absence du procureur de la région, parti en vacances la veille, Shan est chargé par le colonel Tan, responsable du gouvernement dans le comté, de mener l'enquête et vite. La vie des autres prisonniers est aussi en danger car ils refusent de reprendre le travail tant que l'âme du mort n'a pas été apaisée par les prières adéquates.

Ce passionant roman présente plusieurs intérêts :
    - Une présentation du laogai, fort justement surnommé goulag chinois, qu'on pourrait comparer aussi avec un camp de concentration nazi. Les prisonniers sont tatoués sur le bras d'un numéro matricule. La torture et la mauvais traitements sont monnaie courante : "Les séquelles sur le visage de l'homme étaient celles que laissaient les matraques après un passage à tabac tellement féroce qu'il déchirait la peau en longues rigoles. Il arrivait parfois que les membres de la Sécurité publique collent du papier de verre sur leur matraque."

    - La découverte de l'occupation chinoise au Tibet et la résistance des populations locales. Les prisonniers sont presque tous des moines qui continuent de pratiquer le bouddhisme de façon plus ou moins clandestine. Ils se sont fabriqué des objets de culte, ils se remémorent la vie dans les monastères détruits, ils instruisent les novices.

    - Une enquête policière bien ficelée. Eliot Pattison m'a balladée pendant la plus grande partie du livre et je me demandais si j'arriverais à saisir les tenants et les aboutissants. Mais à la fin, tout s'éclaire. Et pas de jugements simplistes : les Chinois ne sont pas tous des méchants et les personnages sont capables d'évoluer.

Bref, c'est une très bonne lecture pour ce premier épisode d'une série de la collection Grands détectives.
par Agnès publié dans : Policiers
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Lundi 28 avril 2008
Truman Capote, Cercueils sur mesure, Folio

Dans une ville d'un petit état de l'ouest des Etats-Unis des habitants reçoivent par la poste un petit cercueil contenant leur photo puis sont assassinés. La série de meurtres a commencé depuis cinq ans et huit personnes en ont déjà été victimes. Cela fait cinq ans que le policier Jake Pepper s'est installé dans la ville et mène l'enquête. Il ne veut pas s'avouer vaincu. Il fait venir son ami TC pour parler avec lui de l'affaire.

Dans ce court roman Truman Capote raconte le "récit véridique non romancé d'un crime américain". Cela peut expliquer le style du livre : beaucoup de dialogues présentés de façon abrupte, le nom de celui qui parle, suivi de son texte. mais le narrateur (TC) fait aussi état de ses pensées, raconte des souvenirs, donne des descriptions. J'ai trouvé la fin assez déconcertante. Sans doute pour nous rappeler que dans la réalité une affaire policière ne se termine pas toujours comme dans les romans. Au total c'est un livre facile et agréable à lire mais qui ne devrait pas me laisser un souvenir impérissable.
par Agnès publié dans : Policiers
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Mercredi 19 mars 2008
undefinedIain Pears, Le secret de la Vierge à l'Enfant, 10-18

Promue à la tête du service de la protection du patrimoine historique, Flavia di Stefano se retrouve avec une affaire délicate sur les bras. Un tableau prêté par la France à l'Italie pour une exposition a été volé et une rançon est réclamée. Le gouvernement italien souhaite que l'échange se fasse dans la plus grande discrétion, que l'affaire ne soit pas éventée et que l'on puisse prétendre qu'il ne s'est rien passé. Mais quand le présumé voleur est retrouvé mort  Flavia décide, pour son compte, d'en apprendre plus. Son enquête la ramène dans les années 1970 quand des terroristes d'extrême gauche ensanglantaient l'Italie. Elle découvre que de vieux comptes n'ont toujours pas été réglés avec des coupables aujourd'hui très haut placés et prêts à tout pour que rien ne change.

Dans ce septième épisode des aventures de Flavia di Stefano et Jonathan Argyll nos héros voient leur situation personnelle évoluer rapidement, d'autant plus que des hommes politiques corrompus veulent les faire taire. Iain Pears là-dessus occupe une position plutôt désabusée : on ne peut lutter contre la corruption des puissants, mieux vaut donc penser d'abord à soi et s'assurer une retraite tranquille. En même temps il fustige le monde contemporain opposé à l'âge d'or des années 1960 : "C'a été une courte période durant laquelle la richesse n'avait pas encore apporté la vulgarité, où la liberté ne s'était pas encore dégradée en nombrilisme, et durant laquelle le désir de nouveauté était empreint d'espoir au lieu d'être une quête obsessionnelle du changement". Un peu contradictoire, non ?
par Agnès publié dans : Policiers
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Lundi 6 août 2007

Iain Pears, l’énigme de San Giovanni, 10-18.

 

 

 

Revoici Flavia di Stefano et Jonathan Argyll à la poursuite des voleurs d’œuvres d’art. Mais Bottando ayant été appelé à de plus hautes responsabilités c’est Flavia qui doit maintenant assumer la direction du service de police spécialisé dans ce domaine.

 

Une petite icône, apparemment sans valeur, a été dérobée au monastère San Giovanni de Rome. Autour du tableau évoluent un certain nombre de personnages plus ou moins impliqués dans le vol. Un restaurateur d’œuvres d’art aux méthodes controversées, un richissime collectionneur grec et son fils chef de gang, une habile voleuse à la retraite et même le supérieur du couvent désireux de renflouer ses caisses.

  

L’intrigue et l’enquête sont plutôt bien ficelées mais je n’ai pas trop apprécié la morale de l’auteur. Ainsi la voleuse qui a passé sa carrière à écumer les collections publiques et privées d’Italie présente son action comme une simple redistribution. Ceux qu’elle a volés pouvaient se passer de leur bien. Certes mais voler aux riches pour revendre aux riches ça n’est pas pour moi de la redistribution. J’ai été aussi choquée par la façon dont l’homme d’affaires grec règle à la fin les problèmes posés par son fils. Il me semble, contrairement à l’auteur, que c’est une étrange façon d’assumer ses responsabilités.

 

par Agnès publié dans : Policiers
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