Samedi 17 mars 2012
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Eliot Pattison, Le
seigneur de la mort, 10-18
A faire lire à ceux qui envisageraient de faire du tourisme -de l'alpinisme à partir des camps de base de la Chine- au Tibet. Pendant les ascensions, la
répression continue. Ce qui me choque plus que tout dans ce roman c'est la violence de cette répression qui frappe les Tibétains qui veulent préserver leur culture : la destruction des temples,
la torture, l'internement dans les "fabriques à yétis" : les hopitaux psychiatriques. Un article récent dans Courrier international du 23 au 29 février 2012 confirme que la répression continue au
Tibet hors de la vue des journalistes tandis que les immolations par le feu se multiplient.
Qu'est-ce que ça raconte ? La ministre du tourisme chinois est assassinée lors d'un déplacement au Tibet. Une alpiniste américaine aussi mais son corps a disparu.
Shan, le héros qui mène l'enquête, est un Chinois passé du côté des Tibétains après avoir été lui-même longtemps interné au bagne local.. Il découvre que le crime plonge ses racines plus de 30
ans auparavant, à l'époque de la révolution culturelle. Les violences d'alors ont généré traumatismes et rancunes encore violents aujourd'hui.
J'aime beaucoup les photos utilisées pour ces éditions récentes des romans de Pattison et particulièrement celle de la couverture du Seigneur de la
mort.
Par Agnès
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Mardi 16 août 2011
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19:09
Arnaldur Indridason, La rivière noire, Métailié
Dans le centre ville de Reykjavik, un homme, Runolfur, est retrouvé égorgé à son domicile. Dans sa poche, des comprimés de Rohypnol, la drogue du viol. Sur place,
des éléments qui laissent penser qu'une femme était présente dans l'appartement au moment des faits. Runolfur aurait-il été tué par une femme qu'il était en train de violer ?
En l'absence du commissaire Erlendur, le héros habituel de cette série, c'est son adjointe Elinborg qui mène l'enquête. Je fais donc connaissance de façon plus
approfondie avec ce personnage qui se passionne pour la cuisine indienne. On peut comprendre pourquoi quand elle évoque la cuisine islandaise de son enfance : "Le mercredi était le jour du
poisson faisandé (...). Une bonne quantité de graisse de mouton ne suffisait pas à atténuer l'odeur de ce mets délicat que sa mère faisait bouillir jusqu'à embuer l'ensemble des vitres de la
maison au point de boucher la vue."
Elinborg est mère de trois enfants dont un ado boudeur qui lui adresse de moins en moins la parole et se confie sur internet ce dont elle soufre. J'aime ce
contraste entre une vie somme toute tranquille avec ses soucis quotidiens et cette enquête qui amène notre héroïne à rencontrer des victimes de viol et qui fait remonter à la surface des
agressions plus anciennes. Arnaldur Indridason montre bien tout le travail de fourmi et les tatonnements qu'il y a derrière la découverte de la vérité mais si j'apprécie cette série c'est d'abord
pour la présentation de l'Islande et de la vie quotidienne dans ce pays lointain.
Par Agnès
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Vendredi 17 septembre 2010
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20:46
Arnaldur Indridason,
Hypothermie, Métailié
Une femme est retrouvée pendue dans son chalet d'été près du lac de Thingvellir. Pas de traces de violences, elle s'était mal remise de la mort de sa mère deux ans
plus tôt, le suicide paraît donc évident. Pourtant sa meilleure amie a des doutes qu'elle confie au commissaire Erlendur. Il n'en faut pas plus à ce dernier pour se lancer dans une enquête
personnelle, à l'insu de ses collaborateurs. Dans le même temps Erlendur exhume aussi des cas de disparition vieux de 20 ans et tente de percer enfin le mystère.
En ce qui concerne sa vie privée, Erlendur a renoué avec ses enfants et arrive à évoquer avec eux la disparition de son propre frère qui l'obsède tant. Sa fille
souhaiterait qu'il rencontre son ex-femme pour s'expliquer enfin sur leur séparation. Le moment n'est peut-être pas encore arrivé.
J'ai particulièrement apprécié ce dernier épisode des enquêtes d'Erlendur. Je trouve le personnage de plus en plus attachant. J'aime aussi l'évocation des paysages
qui entourent Reykjavik. Et la gastronomie islandaise... !
"Tu ne me donnes plus aucune nouvelle, reprocha-t-elle tout en se servant un bol de gruau. Erlendur lui coupa un morceau de cette saucisse au foie pas assez
surette à son goût. Il avait pourtant exigé qu'elle soit directement sortie de la saumure lorsqu'il l'avait achetée au comptoir du magasin. Le jeune homme qui l'avait servi s'était exécuté avec
une mine dégoûtée qui indiquait clairement qu'il n'avait aucun plaisir à plonger la main dans ce liquide. Erlendur en avait profité pour prendre du macareux, des paupiettes et un peu de pâté de
tête qu'il conservait dans du petit-lait sur son balcon".
Par Agnès
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Mercredi 14 avril 2010
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17:14
Arnaldur
Indridason, Hiver arctique, Métailié
Voici le cinquième épisode des enquêtes d'Erlendur, policier à Reykjavik. Le suivant vient de sortir, il s'appelle Hypothermie. Décidément,
l'Islande est un pays où il fait froid.
Un petit garçon de 10 ans est retrouvé mort au pied de l'immeuble où il habitait avec sa mère et son frère. L'enquête montre qu'il a été assassiné en revenant de
l'école. Qui pourrait en vouloir à un enfant de cet âge ? Comme le petit Elias était Thaïlandais par sa mère on imagine qu'il pourrait s'agir d'un crime raciste. Cette hypothèse agite la société
islandaise. L'immigration en provenance de pays du Sud y est, semble-t-il, un phénomène récent et ne plaît pas à certains.
Par ailleurs, le fait d'avoir vu l'enfant couché dans la neige a ramené à l'esprit d'Erlendur le souvenir de son frère cadet Bergur, disparu dans une tempête de
neige à peu près au même âge. Sa fille Eva Lind qui ne lui donnait plus de nouvelles depuis un bout de temps réapparait et l'interroge sur Bergur. Elle ne veut pas se contenter de réponses
évasives.
Enfin, Marion Briem, ancienne supérieure d'Erlendur, agonise à l'hôpital et il est le seul à lui rendre visite, elle n'a plus de famille, pas d'amis. Ces
circonstances amènent notre héros à s'interroger sur ses propres relations avec les autres et sur ce que pourrait être sa propre fin.
Tout ceci ne respire pas précisément la joie de vivre et la conclusion de l'enquête, dans la droite ligne de cet ouvrage noir, n'est pas non plus de nature à
réjouir. J'ai apprécié cette lecture cependant. A éviter un jour de blues, peut-être.
Par Agnès
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Dimanche 27 décembre 2009
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13:52
Arnaldur Indridason, L'homme du lac, Points
En commençant à se vider le lac de Kleifarvatn a découvert un squelette qui reposait jusque là par 4 mètres de fond. Il était lesté par un vieil émetteur de radio
d'origine soviétique. La police soupçonne que l'assassinat remonte à l'époque de la guerre froide et imagine que la victime avait pu être impliquée dans une affaire d'espionnage. C'est l'inspecteur
Erlendur qui mène l'enquête. Il s'intéresse aux disparitions non élucidées de la fin des années 60, s'acharnant sur des détails qui paraissent anodins à ses collaborateurs, comme la perte de
l'enjoliveur d'une Ford falcon noire en 1968.
Dans les années 50 des étudiants islandais membres du parti communiste obtiennent des bourses de la RDA pour poursuivre leurs études à l'université de Leipzig. Sur place ils découvrent la réalité
du "paradis communiste". Certains se voilent la face ou s'accomodent du décalage entre la théorie et la pratique, d'autres s'imaginent qu'ils peuvent manifester leur opposition. Mieux aurait vallu
pour eux ne pas quitter leur pays et conserver leurs ilusions. "Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru" dit Erlendur.
Voilà encore un excellent épisode des enquêtes d'Erlendur qui nous entraîne cette fois jusque dans une salle d'interrogation de la stasi. L'histoire des malheureuses victimes de l'idéologie
communiste est passionante et pathétique. Quant à notre héros, il fait connaissance avec son fils. J'ai beaucoup aimé et dès que possible je vais mettre la main sur le dernier épisode paru qu'il me
reste à lire.
Par Agnès
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