Markus Zusak, La voleuse de livres, Oh éditionsEn 1939 Liesel Meminger, fille de communistes allemands est placée dans une famile d'accueil, à Mölching, près de Munich. Liesel a neuf ans, elle ne sait pas lire. Son père adoptif, Hans Hubermann, va le lui apprendre. Les livres qu'elle trouve, qu'elle vole, seront ses compagnons. Hans Hubermann est un brave homme qui cache un Juif dans sa cave. Celui-ci écrit des récits pour Liesel. Liesel a aussi un ami de son âge, Rudy Steiner. Avec lui elle fait les 400 coups dans la rue.
C'est une jeune fille de ma connaissance qui m'a prêté ce livre. Elle l'avait trouvé excellent. Elle attendait mon avis, je crois. Aussi je me suis sentie obligée de le lire jusqu'au bout. Mais quel pensum ! Dans d'autres circonstances j'aurais arrêté avant la fin. Ce livre est absolument desservi par son style. C'est la Mort la narratrice et quelle insupportable cabotine ! L'histoire est en permanence interrompue par des commentaires superflus, des apartés en direction du lecteur et qui cassent complètement le rythme. Ca m'a énervé dès la première page (que voilà - mise en page d'origine) :
MORT ET CHOCOLAT
D'abord les couleurs.
Ensuite les humains.
C'est comme ça que je vois les choses, d'habitude.
Ou que j'essaie, du moins.
UN DETAIL
Vous allez mourir.
En toute bonne foi, j'essaie d'aborder ce sujet avec entrain, même si la plupart des gens ont du mal à me croire, malgré mes protestations. Faites-moi confiance. Je peux vraiment être enjouée. Je peux être aimable. Affable. Agréable. Et nous n'en sommes qu'aux "A". Mais ne me demandez pas d'être gentille. La gentillesse n'a rien à voir avec moi.
REACTION AU DETAIL
CI-DESSUS
Ca vous inquiète ?
Surtout, n'ayez pas peur.
Je suis quelqu'un de correct.
Une présentation s'impose.
Un début.
J'allais manquer à tous mes devoirs.
Je pourrais me présenter dans les règles, mais ce n'est pas vraiment nécessaire. Vous ferez bien assez tôt ma connaissance, (...)
Mais comme je le disais plus haut, tout le monde n'est pas du même avis que moi.
Mercredi 28 novembre 2007
Colum McCann, Zoli, BelfondZoli est une Tzigane de Tchécoslovaquie. Dans les années 30 sa famille a été massacrée par une milice fasciste et Zoli a ensuite été élevée par son grand-père. Celui-ci lui apprend à lire puis l'envoie à l'école. Elle doit cacher ses connaissances car frayer ainsi avec les gadze est très mal vu parmi les Tziganes. Elle-même sent que ce savoir la rend impure. Zoli a un don apprécié de tous : elle met en chansons la vie et les sentiments de son peuple.
Après la seconde guerre mondiale Zoli a une vingtaine d'années. Elle est dénichée par l'éditeur Martin Stransky qui veut publier ses oeuvres. Dans l'enthousiasme de la victoire et de l'avènement du communisme les Roms sont des citoyens à intégrer et Zoli un symbole des nouveaux lendemains où les masses prolétariennes accéderont à l'instruction. Elle fait la connaissance de Stephen Swann. Fils d'une mère irlandaise et d'un père slovaque l'Anglais est traducteur pour Stransky. Zoli et Stephen vont s'aimer. Il est attiré par son entrain et sa liberté, elle est plus partagée, craignant toujours le jugement de son peuple. Finalement elle souhaite s'éloigner de lui et lui, ne pouvant la retenir, va la couper de tout ce qui était sa vie.
J'ai moyennement apprécié ce roman. J'ai mieux aimé la fin, l'exil de Zoli et les péripéties qui lui permettent de rebondir et de se reconstruire. J'ai trouvé que Colum McCann montrait bien à la fois la liberté des Tziganes, détachés de tout lien matériel et au contraire l'enfermement que peuvent être des traditions trop rigides. Alors pourquoi ça ne m'a pas convaincue ? Difficile à dire et je me torture pour écrire ce billet. Le style est travaillé mais m'a parfois semblé un peu artificiel.