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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste encore à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux."
Jules Renard


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Samedi 14 juin 2008
Fabrice Bourland, Le fantôme de Baker street, 10-18

Londres, 1932. Deux jeunes détectives, Andrew Singleton et James Trelawney, sont contactés par lady Conan Doyle, la veuve du célèbre écrivain. A la faveur d'une renumérotation de Baker street le n°221 a été attribué à une maison qui depuis semble habitée par un fantôme et lady Conan Doyle les supplie d'intervenir "pour le bien de l'humanité toute entière!" (Rien que ça).

En voilà une histoire abracadabrante ! De méchants fantômes sortent de tous les côtés. C'est Ghostbusters, ma parole ! Sauf que c'est moins drôle.
La seule chose que j'y ai vue d'intéressante c'est de retrouver des éléments de biographie d'Arthur Conan Doyle, personnage que j'avais découvert dans Arthur et George
. A la fin de sa vie il était devenu un adepte du spiritisme et le roman le suit allègrement dans cette voie, développant les thèses les plus extravagantes.
par Agnès publié dans : Policiers historiques
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Mardi 3 juin 2008
Boris Akounine, Pélagie et le coq rouge, Presses de la cité.

Voici le troisième et dernier épisode des aventures de Pélagie, moniale dans la Sainte Russie à la fin du 19° siècle.
Alors que Pélagie et l'évêque Mitrophane naviguent sur la Volga pour regagner leur ville de Zavoljsk, un passager est assassiné. C'est le prophète Emmanuel, un chef de secte qui prône l'installation en Terre Sainte. Le sympathique inspecteur Serge Segueievitch Dolinine monte à bord pour mener l'enquête et Pélagie ne reste pas insensible à son charme. Aussi quand il lui demande de l'accompagner dans le village natal de la victime pour y chercher des indices trouve-t-elle de bonnes raisons d'accepter. A partir de ce moment là Pélagie est elle-même la cible de tentatives de la faire périr. Elle trouve refuge en Terre Sainte où sa route va croiser celle des populations locales, Arabes, Tcherkesses et Bédouins mais aussi de touristes chrétiens, de pionniers sionistes et d'un prophète Emmanuel bien vivant. Autour d'elle, les cadavres s'accumulent.

Un moment de lecture fort plaisant, très drôle comme toujours avec cet auteur. Cependant je trouve qu'à la fin Boris Akounine s'en tire par une pirouette en utilisant l'explication du miracle pour une chute qui m'a laissée un peu sur ma faim.
par Agnès publié dans : Policiers historiques
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Mardi 1 avril 2008
Anne Perry, Long spoon lane, 10-18

Des anarchistes ont fait sauter une bombe, détruisant une maison d'un quartier modeste de Londres. La police donne l'assaut à leur QG de Long spoon lane où ils se sont réfugiés. Finalement deux sont faits prisonniers tandis que le troisième, leur chef, est retrouvé abattu. Quand Thomas Pitt va les interroger en prison les deux hommes dénoncent une vaste corruption policière qui partirait du commissariat de Bow street. Notre héros se sent particulièrement concerné car c'est là qu'il travaillait avant d'être muté à la Special branch (les services secrets).

En menant l'enquête avec son ancien collègue, l'inspecteur Tellman, Pitt découvre une conspiration politique orchestrée par Wetron, le nouveau chef du Cercle intérieur (une société secrète à visées malhonnêtes). Pour contrer ces menées criminelles Pitt doit s'allier avec son ennemi mortel, Charles Voisey, l'ancien chef du Cercle intérieur. Il va vérifier la vérité du dicron qui dit que quand on dîne avec le diable il faut avoir une longue cuillère (a long spoon !)

C'est toujours un plaisir pour moi de retrouver les aventures de Thomas Pitt et je me rue dessus dès leur parution. Depuis qu'il est passé à la Special branch, sa femme Charlotte est beaucoup moins active dans ses enquêtes. Cependant ici la voila qui reprend du service aux côtés de la tante Vespasia quand il faut aller enquêter dans la haute société.
par Agnès publié dans : Policiers historiques
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Dimanche 30 mars 2008
Claude Izner, Rendez-vous passage d'Enfer, 10-18

Emile Legris était un admirateur de Charles Fourier (théoricien socialiste, il préconisa une organisation sociale fondée sur de petites communautés autonomes, les phalanstères. Fourier souhaitait que les membres de ses phalanstères soient solidaires. Pour cela il avait prévu de les vêtir de chemises boutonnées dans le dos. Ainsi ils étaient obligés de s'entraider pour s'habiller). Célibataire, Emile Legris utilisa une partie de sa fortune à aider des personnes rencontrées par hasard : leur trouver un emploi, financer leur installation dans la vie. Avec ces personnes il avait fondé une société baptisée "A cloche-pied". Après la mort d'Emile, les membres d'A cloche-pied continuent de se réunir une fois par an en sa mémoire. Le souvenir de leur bienfaiteur est bien tout ce qui les lie.

La librairie d'Emile est revenue en héritage à son neveu Victor Legris, héros de cette série dont voici le septième épisode. A l'automne 1895 des membres d'A cloche-pied sont assassinés les uns après les autres. Découvrant fortuitement la chose, Victor sent son goût pour le mystère se réveiller. Avec son beau-frère et associé Joseph Pignot ils vont mener l'enquête.

Une lecture agréable, des aventures dans le Paris de la fin du 19° siècle, chez les boutiquiers, les cocottes et les artistes.
par Agnès publié dans : Policiers historiques
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Lundi 24 mars 2008
Jacques Neirynck, La mort de Pierre Curie, 10-18

Raoul Thibaut de Mézières est conseiller du Président de la République Armand Fallières. Ce n'est pas que Raoul soit vraiment républicain mais dans la noblesse on sert la France. En cette année 1910 on parle de nommer Marie Curie membre de l'académie des sciences. Il est question aussi qu'elle reçoive un second prix Nobel. Ces éventualités contrarient beaucoup l'extrême-droite nationaliste. Car Marie Curie est femme, elle est étrangère. Et ne serait-elle pas juive aussi, un peu ?
Alors certains commencent à murmurer que la mort accidentelle de Pierre Curie, quatre ans auparavant, pourrait bien ne pas être un accident. Et s'il avait été assassiné ? Et s'il avait été poussé au suicide ? En toute discrétion Raoul doit mener l'enquête. La République veut savoir si elle peut faire de Marie la sainte laïque dont elle a besoin ou si ce choix risque de se retourner contre elle.

Je n'ai pas beaucoup apprécié ce premier épisode d'une nouvelle série de la collection Grands détectives. Je n'ai pas trouvé le héros très attachant. D'un côté c'est un progressiste convaincu que les femmes sont aussi capables que les hommes et intéressé aux découvertes techniques sans s'aveugler sur leurs dangers potentiels. Ca devrait être plutôt sympathique. Mais c'est aussi quelqu'un d'un peu trop imbu de sa classe et qui regarde le peuple de haut. Chacun à sa place et c'est bien comme ça. Par ailleurs l'auteur s'amuse à mettre dans la bouche de ses personnages des prémonitions de ce que sera l'avenir. "Je fais et je défais les gouvernements, mais je n'en ferai jamais partie." dit la cousine de Raoul. "Peut-être, un jour, sera-ce une fille de Marie Curie !" J'ai trouvé ça plutôt agaçant. Ce qui m'a le plus intéressé c'est l'ambiance politique de cette époque, les intrigues de la presse d'extrême-droite.
par Agnès publié dans : Policiers historiques
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