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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste encore à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux."
Jules Renard


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Turquie

Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 18:46

hecatombe.JPG Mehmet Murat Somer, Hécatombe chez les élues de Dieu, 10-18

 

 

 

A Istanbul un tueur en série assassine des travestis portant des prénoms de prophètes en s'inspirant de l'histoire des prophètes en question (Jonas est noyé). Le narrateur, gérant d'un club de travestis sous son identité féminine, informaticien sous son identité masculine, mène l'enquête.

 

 

 

Cela me fait penser à Millénium chez les Turcs, le suspense en moins. C'est sympathique et pas déplaisant à lire mais l'enquête policière offre bien peu de surprises et le roman ne me laissera sans doute pas un souvenir impérissable.

Par Agnès - Publié dans : Turquie
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 19:07

sang Anne Perry, Du sang sur la soie, 10-18

 

En 1273, Anna Lascaris, jeune veuve originaire de Nicée, médecin, arrive à Constantinople. Son frère jumeau, Justinien, qui y vivait, a été accusé de meurtre et condamné à l'exil dans un monastère du Sinaï. Anna ne peut croire à la culpabilité de Justinien et veut prouver son innocence. Pour mener l'enquête en toute discrétion, elle s'installe à Constantinople sous l'identité d'Anastasius Zaridès, médecin eunuque, ce qui lui permet de cotoyer et de soigner aussi bien des femmes que des hommes.

 

Avec ce gros roman (près de 1000 pages) c'est une fresque qui s'étale sur 10 ans (1273-1282) qu'Anne Perry nous présente. Au 13° siècle l'empire byzantin entame son déclin après le sac de Constantinople par les croisés en 1204. La ville a alors été pillée de toutes ses richesses et des reliques qui y attiraient les pélerins. Elle a perdu une source de revenus importante.

 

En 1273, quand l'histoire commence, le prince de Sicile, Charles d'Anjou, envisage de mener une nouvelle croisade. Il s'agit de délivrer Jérusalem des musulmans et au passage de prendre une nouvelle fois Constantinople pour rentrer dans ses frais. Car la croisade apparait ici comme étant aussi une opération commerciale. Son organisation coute cher. Il faut disposer d'une flotte importante. Seuls les chantiers navals de Venise peuvent construire suffisamment de navires. Les Vénitiens interviennent donc en faveur de la croisade.

 

A Constantinople l'empereur Michel Paléologue est conscient du danger qui le menace. Pour le contrer il envisage de s'allier avec Rome en mettant fin au schisme religieux. Si les orthodoxes devenaient catholiques ils seraient alors protégés par le pape. Mais il existe aussi un parti qui ne veut pas de cette union. Pour eux les Latins sont des barbares avec leur foi simpliste. Les factions s'opposent donc, complotent, cherchent des alliances pour convaincre le peuple et l'empereur.

 

Rome est aussi le lieu d'intenses luttes de pouvoir. Tout dépend qui est le pape (en 1276, quatre se succèdent sur le trône de Saint Pierre). Les Italiens sont pour la réunification des deux Eglises mais les Français sont du côté de Charles d'Anjou et Martin IV excommunie l'empereur Michel Paléologue en 1281. Il semble alors que le prince de Sicile ait la voie libre.

 

C'est sur ce fond historique fourni que l'auteur place les personnages de son roman. Ils sont nombreux mais comme l'histoire s'étale sur la durée on a le temps de faire leur connaissance. L'aspect psychologique est fouillé. Comme toujours chez Anne Perry on se pose beaucoup de questions sur la morale. Il y a aussi une charmante histoire d'amour. J'ai trouvé le résultat passionant et j'ai dévoré ce livre qui m'a donné envie d'en apprendre plus sur cette période.

Par Agnès - Publié dans : Turquie
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Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 18:09

petits enfants Ayse Gül Altinay et Fethiye Cetin, Les petits-enfants, Actes sud

 

Le livre de ma grand-mère où Fethiye Cetin racontait sa découverte de ses origines arméniennes et l'histoire de sa grand-mère a eu, nous dit-on, un fort retentissement en Turquie. Sa lecture a amené un certain nombre de Turcs à s'interroger sur leurs origines et, éventuellement, à découvrir l'existence d'ancêtres arméniens. Les petits-enfants est un recueil d'entretiens avec 24 Turcs ayant des origines arméniennes. Ils disent comment ils l'ont appris, ce que ça a changé pour eux, comment ils vivent leur situation dans la Turquie d'aujourd'hui qui nie toujours le génocide des Arméniens. En lisant ces témoignages j'ai eu le sentiment de comprendre un peu la mentaité turque.

 

Je découvre que dans l'est du pays beaucoup de familles ont des origines arméniennes. D'abord il y avait des unions mixtes ensuite, pendant le génocide, des jeunes filles ont été prises comme épouses, des enfants, plus souvent des filles, ont été recueillis et adoptés. Ces convertis à l'islam ont parfois gardé des relations avec des membres de leur famille dans la diaspora arménienne.

 

Les témoignages sont suivis d'une analyse par Ayse Gül Altinay, sociologue, qui s'interroge sur le silence qui recouvre les survivants arméniens. Pourquoi leur existence a-t-elle été éludée, autant par les Turcs que par les Arméniens ? Des réponses très convainquantes sont proposées par des universitaires féministes. Les survivants sont majoritairement des femmes (et des enfants) définis par rapport aux hommes auxquels elles "appartiennent". Ces femmes ne sont pas considérées comme protagonistes de l'histoire mais confondues dans la masse des victimes du génocide et elles "disparaissent".

Une autre explication c'est, du côté turc, le mythe de la pureté ethnique et du côté arménien, la difficulté à ne pas mettre tous les Turcs dans le même sac, responsables en bloc des massacres.


C'est le genre de livre dont la lecture donne l'impresion d'être plus intelligent. Je l'ai trouvé passionant.

Par Agnès - Publié dans : Turquie
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Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 12:35

 

gardel.jpg Louis Gardel, L'aurore des bien-aimés, Seuil

 

L'aurore des bien-aimés est l'histoire d'amitié entre Soliman le Magnifique, sultan de l'empire ottoman de 1520 à 1566 et Ibrahim, un esclave grec qui devint grand vizir. Soliman et Ibrahim se rencontrent alors qu'ils ont une vingtaine d'années et deviennent vite comme des frères. Cette amitié dura des années, les amena à exercer conjointement le pouvoir et se termina de façon dramatique. L'autre intime de Soliman est Hürem ou Roxelane, sa concubine devenue sultane.

 

Avec des personnages aussi extraordinaires voilà un roman qui aurait pu être passionant. C'est raté hélas et je le trouve plutôt mal écrit. Je découvre (ou redécouvre) cependant le personnage de Soliman, conquérant de territoires en Europe de l'est et en Anatolie. Il s'opposa à Charles Quint et traumatisa l'Europe en s'avançant jusqu'à Vienne.


 

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Depuis janvier la télévision turque diffuse une série sur la vie de Soliman qui a fait grand scandale auprès des intégristes car on y voit le sultan buvant et couchant. En attendant il semble que le public soit au rendez-vous.

 

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Au palais de Topkapi, résidence des sultans


Par Agnès - Publié dans : Turquie
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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 10:54

aziyade Pierre Loti, Aziyadé, Le livre de poche

 

En 1876, Loti, un jeune officier de marine britannique vit à Istanbul une histoire d'amour avec Aziyadé, une toute jeune femme, dernière épouse d'un vieil homme riche. Pour s'installer avec elle sans attirer l'attention, Loti a quitté le quartier de Péra où vivent les Européens et est allé habiter à Eyoub, lieu de pélerinage pour les musulmans. Il a pris le costume turc, appris la langue et s'y fait passer pour Arif-Effendi. Il s'est lié à Samuel, un Grec et Achmet, un jeune Stambouliote qui sont à la fois ses amis et ses domestiques. Ayant beaucoup voyagé, Loti est à 27 ans un personnage désabusé qui affirme ne croire ni en l'amitié ni en l'amour. Commencée par désoeuvrement, par attrait du risque et rejet des convenances, sa relation avec Aziyadé le mènera beaucoup plus loin qu'il ne l'avait imaginé.

 

J'ai bien aimé cette histoire au rythme lent qui fait bien ressentir l'état d'esprit du narrateur. Elle se présente sous forme de paragraphes généralement courts qui sont des souvenirs de Loti, parfois un peu disparates. Il y a aussi des lettres que Loti échange avec sa soeur ou des amis. Ce que j'ai a reprocher à l'auteur c'est le conformisme de Loti quant il s'agit de juger ses inférieurs et sa facilité à verser dans le racisme : un juif prêt à vendre son fils, une négresse comparée à un macaque.

 

Aziyadé est en fait en grande partie autobiographique. Pierre Loti s'inspire fortement de sa relation avec une femme turque pour écrire ce roman. Comme je l'ai lu durant mon séjour en Turquie j'en ai profité pour aller faire un tour à Eyüp, le quartier où vivait Pierre Loti et où il situe l'action d'Aziyadé.

 

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Un quartier tranquille avec de vieilles maisons en bois

DSCN4796.JPGUn coin du sanctuaire, lieu de pélerinage

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Eyüp se trouve au pied d'une colline sur laquelle il y a un cimetière

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d'en haut on a une belle vue sur la ville et la Corne d'or.

Par Agnès - Publié dans : Turquie
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les_depossedes.jpgSteve Sem-Sandberg, Les dépossédés, Robert Laffont

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