• : Mon biblioblog
  • : Les livres que j'ai lus et que j'aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ou...pas du tout. Mes compte-rendus de lectures et commentaires personnels.
  • Contact

100_1067.jpg

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux"

Jules Renard

Recherche

11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 11:50

otsukaJulie Otsuka, Certaines n'avaient jamais vu la mer, Phébus

 

Dans ce roman Julie Otsuka, Américaine d'origine japonaise, fait entendre la voix de femmes japonaises qui migrent aux Etats-Unis au début du 20° siècle. Filles de familles pauvres pour la plupart, qui représentent une bouche de trop à nourrir, vieilles filles que l'on désespérait de marier, filles qui ont fauté, elles sont envoyées vers un homme qu'elles ne connaissent pas et qui va devenir leur mari. Eux ce sont des compatriotes, travailleurs agricoles ou blanchisseurs en Californie. C'est l'histoire de ces femmes qui est racontée ici, depuis le moment où elles quittent leur pays jusqu'à la seconde guerre mondiale quand la population américaine d'origine japonaise a été internée car suspectée de trahison. Un sujet que Julie Otsuka avait déjà abordé dans Quand l'empereur était un dieu.

 

L'auteure utilise ici une narration originale puisque les femmes sont rarement distinguées les unes des autres mais parlent d'une voix commune : "Sur le bateau nous étions presque toutes vierges. Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n'étions pas très grandes. Certaines d'entre nous n'avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n'avaient que quatorze ans et c'étaient encore des petites filles. Certaines venaient de la ville et portaient d'élégants vêtements, mais la plupart d'entre nous venaient de la campagne, et nous portions pour le voyage le même vieux kimono que nous avions toujours porté -hérité de nos soeurs, passé, rapiécé, et bien des fois reteint. Certaines descendaient des montagnes et n'avaient jamais vu la mer..."

 

Au début j'ai bien aimé cette façon d'écrire, vers la fin j'ai trouvé parfois ça un peu lassant et répétitif mais c'est un livre qui ne fait que 140 pages donc c'est facile à lire et globalement plutôt plaisant et intéressant.

 

Les avis de Dominique, de Keisha, de Gambadou, et enfin d'Anna. Toujours un succès.

Partager cet article

Repost 0
Publié par Agnès - dans Autres romans
commenter cet article

commentaires

Fransoaz 14/02/2013 15:14


J'ai beaucoup aimé ce livre, touchée par l'histoire douloureuse de ces femmes. Un peu de frustration avec ce nous car j'aurai tellement voulu suivre l'une d'entre elles dans son
intérieur et dans ses pensées intimes!

Agnès 14/02/2013 16:42



Moi ce que j'aimerais connaître c'est la suite de l'histoire : comment ces familles se sont intégrées dans la population américaine.



kikine 14/01/2013 16:40


Vu que je suis avertie pour le style avec le "nous" collectif, je devrai pouvoir passer outre et essayer de compléter les témoignages que j'ai eu en allant à SF l'été dernier

Agnès 15/01/2013 10:43



Ca se lit quand même bien, hein. Et c'était quoi, ces témoignages ?



Adelia Bertetto 13/01/2013 17:58


Julie Otsuka (born 1962)


Tout d’abord merci pour vos reviews.


J’ai lu les deux livres dans l’original anglais. Le premier
When the Emperor Was Divine
Viking 2002 est très bien : pas un mot de trop. Il rejoint la beauté
dans l’essentiel de Fumiko Enchi (1905-1986)  The waiting years, 1957.


Le deuxième The Buddha in the attic, semble un produit de ‘creative
writing » : maniérisme et répétitions.


Example:“That night our new husbands took us quickly. . . 
They took us even though we bit them. They took us even though we hit them. They took us even though we insulted them . . . and screamed out for help (nobody came). . . . They took us cautiously,
as though they were afraid we might break. You’re so small. They took us coldly but knowledgeably — In 20 seconds you will lose all control — and we knew there had been many others before
us. They took us  et cetera, et cetera.


Dans mon Catalogue livres, je l’ai catalogué : ‘a
book to skip’.


Bien à vous


Adelia

Agnès 15/01/2013 10:42



J'avais remarqué aussi que le titre français n'avait rien à voir avec le titre original. Qu'on pourrait traduire comment ?



Dominique 13/01/2013 10:09


Hier dans un club lecture une lectrice a dit la même chose que toi, elle admirait le style et cette forme de narration mais cela l'a lassé au bout d'un moment


Bizarrement je n'ai absolument pas éprouvé cela, ce chant polyphonique m'a plu tout du long


merci à toi pour le lien

Agnès 15/01/2013 10:39



Je me rends compte que j'apprécie mieux une écriture relativement "classique".