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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux"

Jules Renard

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 18:04

schneck.jpgColombe Schneck, La réparation, Grasset

 

Quand Colombe Schneck était enceinte de son premier enfant, sa mère lui a demandé "Si tu as une fille, tu pourrais lui donner en deuxième prénom Salomé ? C'était celui de ma cousine dont il ne reste rien." Pourquoi pas, a-t-elle répondu sans y faire plus attention. Elle a eu un garçon. Puis sa mère est morte. Puis elle a eu une fille que, sur les conseils d'une amie, elle a prénommée Salomé. Puis elle s'est souvenue de la demande de sa mère.

 

C'est à ce moment là que Colombe Schneck a commencé à s'interroger sur le sort de la famille de la mère de sa mère, des Juifs de Lituanie dont une partie ont disparu pendant la guerre. Ont survécu les deux soeurs et le frère de la grand-mère. Les autres, mère, maris, enfants -dont la petite Salomé- ont été assassinés par les nazis.

 

Colombe Schneck interroge ses proches, parents des survivants, aux Etats-Unis et en Israël. Elle fait le voyage en Lituanie dans la ville d'où est originaire cette branche de sa famille, dans celle où ils ont été internés au ghetto. Tout ceci est intéressant mais ce que j'ai le plus apprécié dans sa démarche ce sont les questions qui en émergent.

 

Quel héritage les rescapés de la shoah transmettent-ils à leurs enfants ? ("Etre Juif c'est avoir peur", disait la mère de Colombe Schneck).

Et une question que doivent se poser la plupart des parents -pas seulement les mères juives- à un moment : comment survivre à la mort de ses enfants ou : vaut-il mieux mourir avec ses enfants ou leur survivre ? C'est en tout cas quelque chose qui m'a travaillée quand les miens étaient petits et que j'ai réussi à mettre à distance quand ils ont grandi. Le résultat est donc un ouvrage qui me touche énormément et dont j'ai lu une bonne partie les larmes aux yeux mais en même temps c'est un livre porteur d'espoir parce qu'il met l'accent sur la force de la vie malgré tout.

 

Enfin j'ai beaucoup aimé ce que j'ai découvert de Colombe Schneck. L'auteure se met en scène dans son ouvrage. Se présentant dans ses relations avec sa mère et sa grand-mère, essayant de comprendre pourquoi elle s'est intéressée si tardivement à cette histoire de sa famille, elle jette un regard critique plutôt sévère sur ses agissements, avec une pointe d'auto dérision. C'est une écrivaine que je ne connaissais pas du tout et je pense que je vais maintenant m'intéresser à ses oeuvres précédentes.

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Publié par Agnès - dans Shoah
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