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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste encore à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux."
Jules Renard


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Bienvenue sur Mon biblioblog où vous trouverez des compte-rendus de mes lectures. Mes principaux centres d'intérêt ? L'histoire, l'Inde, la Turquie... Bonnes lectures.

Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 17:44

une-telle-monstruosite-journal-d-un-medecin-polonais-1939-1 Zygmunt Klukowski, "Une telle monstruosité...", Journal d'un médecin polonais, 1939-1947, Calmann-Lévy

 

En 1919 Zygmunt Klukowski s'installe à Szczebrzeszyn, petite ville de Pologne près de Zamosc dans l'est du pays. Agé alors de 34 ans il y prend la direction de l'hôpital. En 1939, quand débute la seconde guerre mondiale, Zygmunt Klukowski est toujours directeur de l'hôpital de Szczebrzeszyn. Il décide alors de tenir un journal des événements. Bibliophile passionné, propriétaire de nombreux ouvrages, il a, dès le départ, l'intention de réunir des matériaux pour pouvoir plus tard écrire l'histoire de la région pendant la guerre. Il fait donc oeuvre d'historien, recoupant et vérifiant ses informations. Le résultat est le récit poignant des souffrances des populations locales sous la botte nazie puis soviétique. Croyez-moi, à côté de ça, l'occupation de la France c'était de la plaisanterie.

 

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La rue de Szczebrzeszyn où se trouve l'ancien hôpital du dr Klukowski porte aujourd'hui son nom.

 

Les Juifs sont les premières victimes des nazis. Ils sont d'abord discriminés, harcelés, déportés puis exterminés. Zygmunt Klukowski note les exécutions sommaires dans la rue (il y avait une importante communauté juive à Szczebrzeszyn) et constate avec répugnance que certains Polonais participent de bon coeur aux persécutions.

 

L'occupation allemande de la Pologne entraîne des déplacements de population à grande échelle, pas seulement des Juifs. La région de Zamosc était la région d'Himmler. Il avait le projet délirant d'évacuer les populations polonaises de l'ensemble du district de Zamosc (rebaptisée Himmlerstadt) afin d'y implanter 60 000 colons allemands. Fin 1942 commence la mise en oeuvre de ce plan. Des jeunes gens sont capturés et envoyés au travail forcé en Allemagne. Des jeunes enfants sont enlevés à leurs familles et placés dans des familles allemandes pour y être germanisés. En 1942-1943 les Allemands ont ainsi évacué complètement ou partiellement 300 villages et déplacé environ 100 000 personnes, beaucoup vers des camps de concentration dont un à Zamosc. Les personnes d'origine allemande (même lointaine), les Volksdeutsch, sont invités à s'inscrire sur la Volksliste et obtiennent des avantages. Les médecins de l'hôpital de Szczebrzeszyn subissent des pressions pour s'inscrire sur la Volksliste. La plupart refusent.

 

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A Zamosc, sous le porche de la cathédrale, une plaque en mémoire des enfants polonais déportés.

 

Les intellectuels sont emprisonnés ou exécutés. Zygmunt Klukowski se cache pour écrire et tremble pour ses livres. Face à toutes ces exactions le sentiment national polonais se renforce (en tout cas chez notre auteur) et la résistance se développe. Des collaborateurs sont exécutés. Il y a aussi du banditisme et on se fait dévaliser chez soi sans savoir si c'est par des brigands ou par des hommes de la forêt (les partisans), qui sont parfois les mêmes. Zygmunt Klukowski apporte son soutien à la résistance. Il reçoit ses officiers chez lui, son jeune fils sert de porteur de messages.

 

A l'été 1944 les Allemands quittent la région devant l'avancée soviétique. C'est une autre occupation qui commence alors. Les résistants qui refusent d'intégrer l'armée Berling (unités soviétiques polonaises) sont pourchassés et enrôlés de force. Les offocoers récalcitrants sont déportés ou exécutés. Un couvre-feu est ordonné, il faut déclarer les machines à écrire et l'hôpital est fouillé comme jamais il ne l'avait été par les nazis. Petit à petit la lassitude gagne les derniers combattants qui se tournent vers le banditisme.

 

Le journal de Zygmunt Klukowski se termine fin 1945 au moment où le nouveau pouvoir se met en place. Il constate que la nouvelle administration de la région est en partie composée de quasi-illétrés. Il est très occupé par l'édition de ses témoignages sur la région pendant la guerre. Il faut pour cela contourner la censure. Son travail lui vaut, en 1947, d'être convié comme témoin au procès de Nüremberg. C'est le journal de cette expérience qui clos l'ouvrage. Zygmunt Klukowszki est mort à Szczebrzeszyn en 1959.

 

Un ouvrage très intéressant et qui se lit assez facilement.

Par Agnès - Publié dans : Histoire
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Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 17:06

seigneurEliot Pattison, Le seigneur de la mort, 10-18

 

A  faire lire à ceux qui envisageraient de faire du tourisme -de l'alpinisme à partir des camps de base de la Chine- au Tibet. Pendant les ascensions, la répression continue. Ce qui me choque plus que tout dans ce roman c'est la violence de cette répression qui frappe les Tibétains qui veulent préserver leur culture : la destruction des temples, la torture, l'internement dans les "fabriques à yétis" : les hopitaux psychiatriques. Un article récent dans Courrier international du 23 au 29 février 2012 confirme que la répression continue au Tibet hors de la vue des journalistes tandis que les immolations par le feu se multiplient.

 

Qu'est-ce que ça raconte ? La ministre du tourisme chinois est assassinée lors d'un déplacement au Tibet. Une alpiniste américaine aussi mais son corps a disparu. Shan, le héros qui mène l'enquête, est un Chinois passé du côté des Tibétains après avoir été lui-même longtemps interné au bagne local.. Il découvre que le crime plonge ses racines plus de 30 ans auparavant, à l'époque de la révolution culturelle. Les violences d'alors ont généré traumatismes et rancunes encore violents aujourd'hui.

 

J'aime beaucoup les photos utilisées pour ces éditions récentes des romans de Pattison et particulièrement celle de la couverture du Seigneur de la mort.

Par Agnès - Publié dans : Policiers
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Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 18:56

Quel est l'anagramme de "centrale nucléaire" ?

 

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à Bayonne, le 11 mars 2012

Par Agnès - Publié dans : Hors sujet
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Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 19:03

dorchester Anne Perry, Dorchester terrace, 10-18

 

Londres, 1896. Devenu directeur de la special branch (les renseignements généraux britanniques), Thomas Pitt est informé qu'un attentat se prépare contre un prince peu en vue de la famille Habsbourg. Confronté à sa première affaire sérieuse notre héros doit faire la preuve de ses capacités. Il sait qu'il est attendu au tournant par tous ceux qui n'ont pas accepté la nomination à ce poste du fils d'un garde chasse et qui lui font sentir à l'occasion qu'il n'est pas bien né.

 

Pour moi Dorchester terrace est un épisode faible des aventures de Thomas Pitt. Il passe beaucoup de temps à se poser les mêmes questions et quand il se les est posé trois fois, c'est bon, j'ai compris. Je trouve qu'Anne Perry tire un peu à la ligne. Pour finir je ne suis pas vraiment convaincue par le dénouement de l'affaire. Qu'un membre important du gouvernement britannique se rende coupable de trahison pour éviter qu'on ne sache que son père avait eu une aventure extra-conjugale 30 ans plus tôt ne me parait pas très crédible. Ceci dit j'ai quand même lu ce roman sans déplaisir.

Par Agnès - Publié dans : Policiers historiques
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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 18:46

hecatombe.JPG Mehmet Murat Somer, Hécatombe chez les élues de Dieu, 10-18

 

 

 

A Istanbul un tueur en série assassine des travestis portant des prénoms de prophètes en s'inspirant de l'histoire des prophètes en question (Jonas est noyé). Le narrateur, gérant d'un club de travestis sous son identité féminine, informaticien sous son identité masculine, mène l'enquête.

 

 

 

Cela me fait penser à Millénium chez les Turcs, le suspense en moins. C'est sympathique et pas déplaisant à lire mais l'enquête policière offre bien peu de surprises et le roman ne me laissera sans doute pas un souvenir impérissable.

Par Agnès - Publié dans : Turquie
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les_depossedes.jpgSteve Sem-Sandberg, Les dépossédés, Robert Laffont

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