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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste encore à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux."
Jules Renard


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Bienvenue sur Mon biblioblog où vous trouverez des compte-rendus de mes lectures. Mes principaux centres d'intérêt ? L'histoire, l'Inde, la Turquie... Bonnes lectures.

Vendredi 13 mai 2011 5 13 /05 /Mai /2011 18:15

staline Owen Matthews, Les enfants de Staline, 10-18

 

A travers l'histoire de sa famille, Owen Matthews raconte l'histoire de l'URSS. Le grand-père maternel d'Owen Matthews, Boris Bibikov, était un apparatchik du Parti. En 1937 il est arrêté et exécuté peu après, ce que sa famille ignora pendant des années. Quelques mois plus tard c'est sa femme, Martha, qui est arrêtée et internée au goulag où elle reste onze ans. La disparition des parents Bibikov laisse deux orphelines. Ludmila, la mère de l'auteur, n'a pas quatre ans, sa soeur Lénina en a douze. Elles sont envoyées dans un orphelinat. En 1941 c'est la guerre qui les sépare. Lénina est recrutée pour creuser des tranchées, Ludmila et les autres enfants sont évacués vers l'est. De déplacements en déplacements ils arrivent dans la région de Stalingrad en 1942. En 1944 les deux soeurs se retrouvent par hasard et sont recueillies par leur oncle Iakov, frère de leur père.

 

C'est cette première partie du livre que j'ai le mieux aimé. A travers l'histoire terrible de cette famille on retrouve tous les grands drames de l'URSS stalinienne. J'ai d'ailleurs dans ma PAL l'histoire de la bataille de Stalingrad par Anthony Beevor et ça m'a redonné envie de le lire. Les deux soeurs envoyées à l'orphelinat après la liquidation de leurs parents me font aussi penser à Enfant 44 sauf que Les enfants de Staline est sacrément mieux écrit et passionant.

 

Owen Matthews raconte ensuite l'histoire de ses parents. En 1963 Ludmila est devenue une jeune femme quand elle rencontre Mervyn Matthews, un Anglais russophile installé à Moscou. Les jeunes gens vivent neuf mois d'idylle mais au moment où ils décident de se marier Mervyn est expulsé d'URSS. Suivent alors cinq années de séparation pendant lesquelles ils vont s'écrire jusqu'à plusieurs fois par jour. Toute cette correspondance a été conservée et l'auteur s'est en partie appuyé sur ces lettres pour raconter cette période. Pendant ces cinq années Mervyn se bat pour faire venir Ludmila en Angleterre, il y parvient finalement en 1969.

 

Owen Matthews croise l'histoire de ses parents avec la sienne propre. Lui-même a vécu en Russie où il était journaliste dans les années 1990. Au moment où une nouvelle société émerge des décombres de l'URSS, il participe à la frénésie qui s'empare des nouveaux Russes. On comprend bien que la rédaction de ce livre (qui lui a pris près de dix ans) a été pour lui un cheminement vers la maturité et lui a permis de mieux comprendre son père et d'entrer avec lui dans une relation plus appaisée.

 

 

Voilà un livre qui m'a beaucoup intéressée et que j'ai trouvé agréable à lire et bien écrit.

L'avis de Zarline.

Par Agnès - Publié dans : Histoire
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Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 19:30

 

DSCN3801J'avais déjà chroniqué ici les premières aventures du Mouron Rouge. Il y en a d'autres. Des aventures de cape et d'épée, de l'amour, un héros insaisissable, c'est toujours un régal.

 

Baronne Orczy, Les nouveaux exploits du Mouron Rouge, Presses de la cité

 

L'infâme Chauvelin attire le Mouron Rouge en France. Marguerite -soit disant la femme la plus fine d'Europe- s'est fait avoir comme une sotte. Tombée entre les mains des terroristes elle est devenue un otage pour attrapper son mari. Heureusement celui-ci a plus d'un tour dans son sac et réussi grâce à son audace insensée.

"C'était un superbe exemplaire de la race britannique : les membres robustes, la poitrine large, les mains fines et blanches, tout révélait l'homme de haute naissance, de belle éducation et d'énergie."

 

 

La capture du Mouron Rouge

 

A force de l'en supplier, Armand Saint-Just a obtenu de son beau-frère, sir Percy Blakeney, alias le Mouron Rouge, qu'il l'emmène en mission en France. Et quelle mission ! Il s'agit de libérer Louis 17, le Dauphin prisonnier des révolutionnaires ! Bien sur, dès son arrivée sur le sol natal, Armand désobéi à son chef, s'entiche d'une actrice et se fait capturer.

 

 

La vengeance de sir Percy

 

Le Mouron Rouge est amené à exfiltrer de France la jeune Fleurette, charmante enfant de 18 ans aussi douce que bonne. Pourtant Fleurette n'est autre que la fille de l'affreux Chauvelin, ennemi mortel de sir Percy. La vengeance de sir Percy consiste à rendre le bien pour le mal. Quand Chauvelin poursuit Blakeney de sa haine et a tenté de l'atteindre à travers ce qu'il avait de plus cher, sa femme; notre héros sauvera la seule personne qui fasse battre le coeur de son ennemi.

La baronne nous dresse dans cette aventure un portrait quasi christique de son personnage, véritable envoyé du ciel, une présence qui subjugue et qui rassure : "Elle sentait peu à peu ses craintes l'abandonner, tandis que grandissait en elle un courage nouveau, une détermination nouvelle".

Par Agnès - Publié dans : Autres romans
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 20:52

nord-sud.jpg Elizabeth Gaskell, Nord et sud, Points

 

Fille d'un pasteur anglican, Margaret Hale a 18 ans lorsque son père décide de renoncer à sa charge pour cause de désacord avec son Eglise. La famille doit alors quitter le presbytère de Helstone, petit village bucolique du sud de l'Angleterre où elle résidait. Ils vont s'installer dans le nord -dans le Darkshire !- à Milton, ville industrielle en pleine expansion. Revenus, paysages, voisinage, tout change pour les Hale. Le père donne quelques leçons pour gagner sa vie. Il se lie ainsi d'amitié avec M. Thornton, un jeune industriel qui souhaite se cultiver. Si Thornton est très vite séduit par la beauté et le caractère de Margaret, celle-ci méprise en lui le "boutiquier" soucieux de gagner de l'argent sans tenir compte des conditions de vie de ses ouvriers.

 

Margaret est une fille décidée et courageuse. C'est ce qui plaît à John Thornton qui n'a pu compter que sur son propre travail pour parvenir à sa position. Après le déménagement c'est elle qui doit prendre en charge ses parents relativement déprimés par leur changement de statut. La volonté de Margaret s'allie à une empathie pour les souffrances d'autrui, elle fait connaissance avec des familles ouvrières du voisinage. Elle qui ne jurait que par la douceur du sud découvre un peuple fier qui lutte pour sa survie. Petit à petit son influence amène aussi John Thornton à modifier ses relations avec ses ouvriers.

 

Ecrit au milieu du 19° siècle, Nord et sud nous présente une Angleterre en pleine révolution industrielle. A Milton les syndicats jouent déjà un rôle important alors qu'ils sont encore interdits en France. Le personnage de Margaret porte aussi le message de l'indépendance féminine.

J'ai beaucoup aimé ce roman. Difficile de le lacher une fois commencé. Certes la fin est bien pathétique avec tous les drames qui frappent Margaret et le dénouement entre les deux héros est expédié en deux pages après plus de 600 de péripéties. Mais ce qui compte en fait, plutôt que le résultat auquel on s'attendait, c'est comment on en arrive là. En ce sens cela me fait aussi penser à Jane Austen qui écrit à peu près à la même époque.

 

DVD.gif

 

 

 

 

 

Dans la foulée j'ai aussi visionné l'adaptation qui a été faite par la BBC, avec Richard Armitage et Daniela Denby-Ashe. J'ai apprécié, c'est bien fait, mais je préfère le roman. Ce qui est vraiment bien c'est de voir les costumes. La bonne société de l'époque est corsetée dans ses vêtements. John Thornton particulièrement est cravaté jusqu'au menton ce qui lui donne encore plus de rigueur. Cela ne colle pas avec le fait que la série le présente comme capable de violence physique, ce qu'il n'est pas dans le livre.

Par Agnès - Publié dans : Autres romans
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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 17:46

TV.jpgMichel Desmurget, TV lobotomie, La vérité scientifique sur les effets de la télévision, Max Milo

 

Avec un tel titre on se doute que la vérité en question ne sera pas vraiment positive et la quatrième de couverture enfonce le clou profondément en alignant les effets délétères du petit écran. Cela m'a d'abord donné l'impression que l'auteur exagérait un peu. Mais ensuite j'ai lu...

 

Ce qui m'a le plus frappée c'est tout ce qui concerne les atteintes à l'intelligence. Pauvreté du vocabulaire, orthographe déficiente, difficultés à se concentrer, lecture balbutiante... la télé est responsable de tout cela. Pour ceux qui ont commencé à la regarder très jeunes, les effets peuvent même être irémédiables. Je découvre avec sidération que des parents collent régulièrement devant le poste leur nourrisson de quelques mois. A cet âge là ce n'est pas lui qui demande.

 

Je relève deux remarques qui m'ont plus particulièrement intéressée : mettre un enfant devant la télé pour qu'il se tienne tranquille "n'est pas totalement différent de supprimer le comportement naturel d'un enfant en le menaçant de représailles physiques. C'est étonnamment similaire à ce qui se passe quand on drogue un enfant pour le rendre inactif avec du laudanum ou du gin."

Avec les écrans, plus de temps libre passé à ne rien faire, plus d'occasions de s'ennuyer. Or "lorsque l'esprit s'égare et vagabonde, il existe une forte activation des aires cérébrales impliquées dans les processus de raisonnement projectif et de résolution de problèmes. L'effet est d'autant plus marqué que les sujets sont inconscients de leurs errances mentales. En d'autres termes, pendant que nous nous ennuyons, notre cerveau travaille à notre insu. Le temps "perdu" n'est donc pas vide. Il est profondément créateur."

 

Enfin regarder la télé est mauvais pour la santé. Cela nous incite à "manger plus, bouger moins", fumer ou consommer de l'alcool. La télé est aussi un facteur de violence. Ces aspects du sujet m'ont moins impressionée que ce qui précède, il me semble que j'étais déjà au courant.

 

Toutes les affirmations sont solidement étayées par de très nombreuses études scientifiques et sources. En effet, depuis longtemps, les spécialistes de nombreuses disciplines et de nombreux pays se sont largement intéressés aux effets de la télé et ont prouvé autant qu'il le fallait leur nocivité. Ceux qui prétendent le contraire sont soit ignorants soit de mauvaise foi et Michel Desmurget règle leur compte à certains.

 

Si TV lobotomie est un ouvrage sérieux c'est aussi un ouvrage très accessible. Michel Desmurget explique clairement et il y a de nombreuses anecdotes amusantes qui rendent la lecture facile et passionante. Radicalement anti-télé il peut parfois paraître excessif. Je ne suis pas d'accord avec lui quand il demande une censure des films beaucoup plus sévère en France, à l'image de ce qui se fait aux Etats-Unis. J'ai été convaincue par contre par tout ce qu'il dit de la nécessité de tenir les petits enfants à l'écart du poste. Je crois que c'est un livre à conseiller fortement à tous les parents et de façon d'autant plus urgente que les enfants sont jeunes. Pour les miens c'est trop tard, ils sont déjà adultes. Mais je vais les inciter à le lire.

Par Agnès - Publié dans : Essais
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Vendredi 11 mars 2011 5 11 /03 /Mars /2011 19:15

sartine Jean-François Parot, L'honneur de Sartine, Lattès

 

1780. Nicolas le Floch enquête sur la mort d'Edme de Chamberlin, ancien contrôleur général de la marine, tué par la chute du baldaquin de son lit. A première vue cela ressemble à un accident domestique mais il apparaît vite que le lit avait été saboté. Qui en voulait autant à M. de Chamberlin ? Nicolas découvre que les haines sont féroces entre les membres de la famille de celui-ci. Mais il y a aussi des documents qu'il détenait du fait de son ancienne charge et qui sont activement recherchés par diverses personnes. Entre de mauvaises mains ils pourraient fragiliser la position de la monarchie alors en guerre contre l'Angleterre.

 

Plus je lis les aventures de Nicolas le Floch et plus je les apprécie. Jean-François Parot est arrivé à donner une vraie épaisseur à son personnage dévoué au service du roi mais en même temps toujours soucieux des conséquences de ses actes. En arrière plan les émotions populaires plus nombreuses dans un Paris marqué par l'afflux de déracinés des campagnes annoncent la révolution qui approche. Une période historique que l'auteur connaît bien et où il nous fait entrer aussi par son style inspiré de la langue de l'époque.

Par Agnès - Publié dans : Policiers historiques
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les_depossedes.jpgSteve Sem-Sandberg, Les dépossédés, Robert Laffont

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