Bienvenue sur Mon biblioblog où vous trouverez des compte-rendus de mes lectures. Mes principaux centres d'intérêt ? L'histoire, l'Inde, la Turquie... Bonnes
lectures.

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Anne Perry, La fin justifie les
moyens, 10-18
Après la mort de Jericho Philips, que Monk pourchassait dans Mémoire coupable, notre héros découvre qu'un autre souteneur, Mickey Parfitt, faisait lui aussi commerce de petits garçons. Parfitt est assassiné et personne ne le pleure. Vu ses crimes, la police est prête à chercher mollement le coupable. Mais Monk suspecte que ce dernier pourrait être le commanditaire de Parfitt. Son arrestation signifierait alors un coup d'arrêt au trafic d'enfants sur la Tamise.
Rapidement les soupçons se tournent vers Arthur Ballinger qui n'est autre que le beau-père d'Oliver Rathbone, le célèbre avocat, ami d'Esther et William Monk. Quand Oliver Rathbone doit défendre son beau-père il se retrouve dans une situation très difficile. D'un côté sa femme le somme de faire preuve de loyauté familiale, de l'autre il ne peut s'empêcher de se demander si une telle loyauté est bien compatible avec la justice. Qu'est-ce qui prime ? L'amour au détriment de la vérité ou la vérité au détriment de l'amour ? Le choix est forcément tragique.
J'ai apprécié cette lecture. Le travail de fourmi qu'est la recherche d'éléments dans une enquête de police est bien montré. En plaçant les tourments d'Oliver Rathbone au centre de son roman Anne Perry se renouvelle de façon intéressante.
L'occasion de séjourner en hôtels ces derniers temps m'a donné l'idée de cette série pour laquelle j'ai repris aussi des clichés plus anciens.
Awabai mansion, Bombay
Hotel Imperial supreme, Chennaï
Novotel Bronowice, Cracovie
Sultan Hostel, Istanbul
Bastoncu Pension, Safranbolu
Akya Otel, Ankara
Louis Gardel, L'aurore des
bien-aimés, Seuil
L'aurore des bien-aimés est l'histoire d'amitié entre Soliman le Magnifique, sultan de l'empire ottoman de 1520 à 1566 et Ibrahim, un esclave grec qui devint grand vizir. Soliman et Ibrahim se rencontrent alors qu'ils ont une vingtaine d'années et deviennent vite comme des frères. Cette amitié dura des années, les amena à exercer conjointement le pouvoir et se termina de façon dramatique. L'autre intime de Soliman est Hürem ou Roxelane, sa concubine devenue sultane.
Avec des personnages aussi extraordinaires voilà un roman qui aurait pu être passionant. C'est raté hélas et je le trouve plutôt mal écrit. Je découvre (ou redécouvre) cependant le personnage de Soliman, conquérant de territoires en Europe de l'est et en Anatolie. Il s'opposa à Charles Quint et traumatisa l'Europe en s'avançant jusqu'à Vienne.
Depuis janvier la télévision turque diffuse une série sur la vie de Soliman qui a fait grand scandale auprès des intégristes car on y voit le sultan buvant et couchant. En attendant il semble que le public soit au rendez-vous.
Au palais de Topkapi, résidence des sultans
Pierre Loti, Aziyadé, Le livre de
poche
En 1876, Loti, un jeune officier de marine britannique vit à Istanbul une histoire d'amour avec Aziyadé, une toute jeune femme, dernière épouse d'un vieil homme riche. Pour s'installer avec elle sans attirer l'attention, Loti a quitté le quartier de Péra où vivent les Européens et est allé habiter à Eyoub, lieu de pélerinage pour les musulmans. Il a pris le costume turc, appris la langue et s'y fait passer pour Arif-Effendi. Il s'est lié à Samuel, un Grec et Achmet, un jeune Stambouliote qui sont à la fois ses amis et ses domestiques. Ayant beaucoup voyagé, Loti est à 27 ans un personnage désabusé qui affirme ne croire ni en l'amitié ni en l'amour. Commencée par désoeuvrement, par attrait du risque et rejet des convenances, sa relation avec Aziyadé le mènera beaucoup plus loin qu'il ne l'avait imaginé.
J'ai bien aimé cette histoire au rythme lent qui fait bien ressentir l'état d'esprit du narrateur. Elle se présente sous forme de paragraphes généralement courts qui sont des souvenirs de Loti, parfois un peu disparates. Il y a aussi des lettres que Loti échange avec sa soeur ou des amis. Ce que j'ai a reprocher à l'auteur c'est le conformisme de Loti quant il s'agit de juger ses inférieurs et sa facilité à verser dans le racisme : un juif prêt à vendre son fils, une négresse comparée à un macaque.
Aziyadé est en fait en grande partie autobiographique. Pierre Loti s'inspire fortement de sa relation avec une femme turque pour écrire ce roman. Comme je l'ai lu durant mon séjour en Turquie j'en ai profité pour aller faire un tour à Eyüp, le quartier où vivait Pierre Loti et où il situe l'action d'Aziyadé.
Un quartier tranquille avec de vieilles maisons en bois
Un coin du sanctuaire, lieu de pélerinage
Eyüp se trouve au pied d'une colline sur laquelle il y a un cimetière
d'en haut on a une belle vue sur la ville et la Corne d'or.
Je reviens de deux semaines de vacances en Turquie. Quelques photos de mes découvertes :
A Istanbul : Istanbul est une ville très touristique. Fin avril-début mai le vieux quartier de Sultanahmet est déjà plein de touristes et je pense
qu'en pleine saison ça doit être parfois un peu pénible. Comme souvent dès que l'on s'éloigne un peu des circuits les plus courrus on est plus tranquille.
La mosquée bleue
Beaucoup de vieilles maisons en bois. Certaines tombent en ruines.
Dans le bazar.
A Ankara : Ankara attire moins les touristes. Du coup les prix sont divisés par deux et personne ne parle anglais (ou français). Nous y avons retrouvé notre fille qui y séjourne depuis 9 mois. Elle a pu nous faire la traduction.
Le mausolée d'Atatürk. On lui voue encore un véritable culte.
A Safranbolu : C'est un charmant village situé à trois heures de route au nord d'Ankara où nous avons passé deux jours. Loin des grandes villes nous avons apprécié le calme.
Partout des fontaines géantes, des maisons à colombages et des rues pavées.
Steve Sem-Sandberg, Les
dépossédés, Robert Laffont